Lectures paresseuses

24 mai 2015

Des souvenirs

  

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"Les souvenirs sont comme les lianes; il faut se méfier de ne pas trébucher à chaque foulée."

p.157,"Le tout sur le tout"(1948), Henri Calet, Gallimard, coll.L'Imaginaire

 

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23 mai 2015

De l'enfer

   

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"Il y a un enfer, même pour les enfants élevés dans des principes laïques et anticléricaux."

p.39, "Les grandes largeurs"(1951), Henri Calet, Gallimard, coll.L'Imaginaire

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21 mai 2015

Conditions de l'enchantement parisien

   

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"Et d'ailleurs, ces quartiers ne sont pas si disgraciés que je l'ai dit. Je me suis montré injuste. C'est une question de saison. Oui, il suffit d'un peu de soleil pour transformer, embellir, n'importe quelle ruelle, n'importe quelle impasse. Il la diapre instantanément, il la roule, comme on fait un beignet, il l'irise, il la dore, il la mordore, il l'argente, il l'ocre, il l'a cuit....Il suffit aussi quelque fois d'un sourire, ou d'une chevelure...C'est également une question d'heure. Il est des moments où l'on ne croise que des vieux, des éclopés, des ivrognes ou des paralytiques; il en est d'autres, au contraire, où chacun de nous porte sans le savoir son auréole sur le derrière de la tête, telle une casquette mal mise. Il s'agit cependant des mêmes gens, dans les mêmes décors."

p183," Huit quartiers de roture"(2015), Henri Calet , Le Dilettante

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19 mai 2015

Entre printemps et été

  

urlDand le récit La grâce des dimanches de juin:

"J'ai toujours trouvé que les dimanches de juin avaient un éclat particulier, une sorte de grâce. je ne sais si cela tient à la saison, à cette forte impression d'entre-deux - entre le vert tendre de mai et l'été qui assomme. La mer est une alliée essentielle: elle ajoute à la grâce. J'ai le souvenir de dimanche de juin lumineux, il y a bien longtemps, au fond de la rade de Brest."

p109,"Les proximités éternelles"(2000), Philippe Le Guillou, Mercure de France

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16 mai 2015

Mgr Ghika au contact de la famille Nemirovski

Mgr Ghika a été déclaré bienheureux et martyr en 2013. Il est fêté le 16 mai. En son souvenir le témoignage de Denise Epstein, fille d'Irène Némirovski :

 

Vladimir Ghika

Pour les articles homonymes, voir Ghica. Vladimir Ghika, né à Constantinople le 25 décembre 1873 et mort à la prison de Jilava (près de Bucarest) le 16 mai 1954, était un prélat roumain issu d'une famille princière. Orthodoxe d'origine, il se convertit au catholicisme romain et fut ordonné prêtre.

http://wikipedia.org

"Vous avait été baptisés par Mgr Ghika ?

C'était un évêque de la famille princière de Roumanie, la famille Ghika. C'était un évêque mondain qui affectionnait les milieux artistiques, littéraires et qui s'employait à convertir au catholicisme. Il l'a fait souvent par conviction et aussi pour protéger les Juifs. Je le voyais souvent à la maison. Je possède encore une carte de lui reçue après la guerre. Il écrivait à maman, ne savait ce qui s'était passé pour elle. Finalement, il a eu lui aussi une fin terrible que je n'ai apprise qu'assez récemment. Il est mort sous les tortures en 1958 dans les geôles communistes."

p.58,"Survivre et vivre"(2004), Denise Epstein, Folio N°5850

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Les saisons en Orient

   

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"Le voyage d'Orient n'est pas qu'un inventaire. Je veux le croire. Je dois avouer mon étonnement d'être chaque jour plus émerveillé par la persistance de ces gens. La vie s'accroche. Cette chronique n'est pas celle du renoncement ni celle de l'entomologiste. Le souvenir des haines renverse les cœurs, de l'Euphrate au Nil, ou encore le long des rives du Grand Zab, au croisement du nord de l'Irak et du Hakkaâri, là où la steppe se fracasse au contact des montagnes; une tectonique des plaques qui fut aussi celle des peuples et des religions. Caïn tuant Abel pour une querelle d 'offrande à Dieu. Les pistachiers, les amandiers, les oliviers, les cerisiers et les pieds de vignes refleurissent après chaque hiver, après le froid et la neige. Vues du ciel, les nuances du sol ressemblent à des kilims qui auraient été assemblés avec grâce par une main invisible. L'humain reste au centre de cette existence spirituelle et agricole, dans les monastères, dans les foyers, une vallée, un recoin paisible, une église aux murs bas. Le début du printemps y est humide, l'été brûlant. L'eau dégringole des cours d'eau canalisés pour les besoins de l'irrigation. Les saisons défilent."

 

p.184/185," Sur les fleuves de Babylone, nous pleurions- Le crépuscule des chrétiens d'Orient"(2015), Sébastien de Courtois, Stock

Rencontre avec Sébastien de Courtois ULTREIA n°1

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15 mai 2015

Répudiation libertaire

  

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"Mais que se passe-t-il ? J'ai droit à une lapidation  par voie de presse de la part de sa famille et de ses amis. Une chasse à la femme, une mise en mort. Des gens pour qui je n'ai aucune estime particulière me traînent dans la boue, comme si j'étais le diable en personne. Tout le monde peut prendre la parole pour dire sa peine, sa colère, moi non. Je suis niée dans ce que je suis au plus profond.Interdite d'être sincère. Pour une fois que j'étais presque apprivoisée, voilà que l'entourage me tombe dessus ! J'ai l'impression d'avoir plus de facilité à me battre contre les préjugés, les stéréotypes de mes parents, parents nés en Algérie, que contre ces Français qui sont, pour la plupart, de ma génération.

p.218, "Maudites"(2015), Jeannette Bougrab, Albin Michel

    

 

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Charb en ambassadeur du made in France

De la difficulté d'être citoyen du monde au quotidien:

   

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"Comme toujours, il a un maillot rayé - il ne portait que ça et des pulls Saint James dont je trouvais la laine particulièrement rêche."Mais ce n'est pas doux, ça gratte ce truc !..."Son regard coquin me faisait rire:"C'est ça qui est bon...", disait-il. il en prenait le plus grand soin, même en les apportant au pressing ! Ces précautions soulignant un côté précieux de sa personnalité m'amusaient. Treillis et maillot rayé, c'était son uniforme. Bien avant Arnaud Montebourg en marinière avec son mixeur Seb en couverture du Parisien , Charb était l'ambassadeur du made in France.

p.198,"Maudites"(2015), Jeannette Bougrab, Albin Michel

 

Naissance de la filature SAINT-JAMES

 

Vers 1850, Saint-James, commune de Basse Normandie, située à 20 kilomètres du Mont Saint-Michel, voit naître une véritable aventure industrielle.
La famille Legallais commence à filer et teindre la laine dite de pays. Celle-ci est alors revendue, sous forme d'écheveaux et de pelotes de laine, aux merceries de Bretagne et de Normandie, puis de sous-vêtements : de véritables chemises de laine qui donneront naissance au Chandail des marins pêche.


http://www.saint-james.fr


 

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13 mai 2015

Rebatet en couple

Témoignage de la fille de Jean Héritier, écrit au début des années cinquante:

Jean Héritier

Jean Héritier, né au Vésinet le 19 janvier 1892 et mort à Versailles le 3 mars 1969, est un journaliste, écrivain, historien, militant royaliste et antisémite puis collaborationniste français. Jean Héritier, le fils d'un dreyfusard, porte des initialement dans sa jeunesse des convictions sociales démocrates.

http://wikipedia.org

"Je n'aurais pas garde d'oublier Rebatet et sa femme Véronique. Véronique, brune au regard d flamme, rrroulait les "r" comme une bonne Rrroumaine qu'elle était et avait le verbe haut. Rien ne lui résistait. Elle avait une tête de plus que Rebatet qui était, lui, petit et maigrichon. Cette différence de taille explique peut-être l'ascendant qu'elle exerçait sur son mari. Il était on ne peut plus drôle de voir Rebatet, qu'on aurait pu croire intrépide, d'après ses écrits, et capable de braver n'importe quoi et n'importe qui, filer doux devant la redoutable Véronique. Rentrant la tête dans les épaules, il obtempérait humblement au moindre désir de la virago. Elle n'avait qu'à prononcer d'un certain ton "Louchien" (Lucien) pour qu'il se tasse sur lui-même jusqu'à ressembler à un magot chinois grimaçant. Vraisemblablement, Les Décombres ne lui avaient pas permis d'éjecter suffisamment de bile,, il lui en restait encore assez pour donner à son visage bourré de tics nerveux une coloration jaunâtre et malsaine."

p.25,"17 Août 1944, il est grand temps de faire ses paquets..."(2015), Thérèse Langer, Editions Pierre de Taillac

Souvenir sonore de Rebatet invité chez Jacques Chancel:

 

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Les petits arrangements de Caroline Fourest

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On peut lire à propos du concours de caricatures à Téhéran en 2006, dans "Eloge du blasphème"(2015) de Caroline Fourest, chez Grasset p.170:

"Sans surprise, l'un des participants au concours 2006 est Konk, qui dessine dans l'un des plus vieux journaux antisémites de France, Rivarol."

Une phrase et déjà deux erreurs factuelles facilement vérifiables:

- Konk n'a jamais été un dessinateur de Rivarol, mais de Minute et  de National-Hebdo quand il a été exclu de la grande presse. Une simple consultation sur Wikipédia permet la vérification.

- Il n'a jamais été participant au concours 2006 de Téhéran. Caroline Fourest doit confondre avec la dessinatrice Chard, dessinatrice en titre de Rivarol qui a reçu un prix sans avoir été l'une des participantes.

 

 

 

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