Lectures paresseuses

26 mars 2015

Irrigation du passé dans nos vies

  

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 "On ne doit pas rester les bras croisés vis à vis de son passé. On doit se familiariser avec lui, l'apprivoiser, se l'approprier même. Le passé, ce sont les clous dans la charpente du présent."

p.49,Vilnius poker"(2015), Ricardas Gavelis, Monsieur Toussaint Louverture

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Du combat intérieur

   

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 "Il n'y a que ceux qui ont perdu leur âme qui se laisse épouvanter par leurs démons intérieurs. Il n'y a que ceux qui ont perdus leurs repères qui prétendent que leurs entrailles sont magnifiques et pures. Tu ne deviendras véritablement homme que lorsque tu auras réussi à faire rejoindre les parois de ton enfer et de ton paradis. Les hommes ont tous les mêmes vertus, alors que le mal est différent en chacun."

 

 

 

p.58/59,Vilnius poker"(2015), Ricardas Gavelis, Monsieur Toussaint Louverture

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25 mars 2015

Arcanes du destin à Vilnius

  

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"Les événements les plus importants de notre vie ne se produisent pas à la lumière du jour ; la fatalité fait sa sombre besogne par temps ombrageux, dans le crépuscule poussiéreux qui assassine toute lucidité – c’est de là que surgissent les chauves-souris, c’est de là que les yeux du néant vous guettent. Une part de notre destin se joue là où hululent les chouettes – et d’où seuls les pigeons gris et crasseux de Vilnius s’échappent, pour rejoindre la lueur du jour."

p.24, "Vilnius poker"(2015), Ricardas Gavelis, Monsieur Toussaint Louverture

Un recension magnifique: https://charybde2.wordpress.com/2015/02/21/note-de-lecture-vilnius-poker-ricardas-gavelis/

 

 

 

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15 mars 2015

Pologne devant l'imminence du désastre

  

IMG_20150315_162355"Des réceptions comme celle là témoignaient de la "militarisation" des mœurs des jeunes filles - on peut employer ce terme car il s'agissait en fait du style de la jeunesse des écoles militaires, d'un style de vie militaire. Mais ce déchaînement des mineurs, qui scandalisait tellement les personnes âgées, avait à cette époque - je veux dire dans les dernières années précédant la guerre - une dimension plus dramatique: la guerre. Son ombre était sur tout, son imminence funeste suggérait qu'il fallait jouir de la vie avant qu'elle ne soit trop mêlée de mort. Les demoiselles de l'immédiat avant-guerre avaient quelque chose de ce mépris pour les convenances qui, quelques années plus tard, caractériserait la jeunesse en lutte dans les rues de Varsovie. "Nous vivons comme si nous allons mourir" - me cria un jour dans l'oreille Swiatek Karpinski au cours d'une beuverie, et cette réflexion rendait bien compte de l'atmosphère qui pesait sur la Pologne plus encore que sur le reste de l'Europe."

p.207, "Souvenirs de Pologne"(1984), Witold Gombrowicz, 10/18, initialement écrites pour Radio Free Europe en 1960, elles ne furent jamais diffusées. Retrouvées par Rita Gombrowicz en 1976, publiées en polonais en 1977 pour la dispora polonaise par Kultura, elles sont traduites et publiées chez Christian Bourgois en 1984.

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14 mars 2015

Introduction du marxisme en Pologne après-guerre

  

ca8973c680743d8c39c801886249b348,640,0,0,0"Au lieu d'ouvrir sur le monde l'esprit des élèves, le marxisme n'a fait hélas que le bloquer encore plus. les leçons de marxisme dialectique ressemblent beaucoup aux cours de religion dans les collèges de jésuites aux dix-huitième siècle - on présente cette doctrine comme la seule et et suprême vérité et c'est ainsi que le marxisme qui isole de toutes les réalisations de l'Europe."

p.43,"Souvenirs de Pologne"(1984), Witold Gombrowicz, 10/18, initialement écrites pour Radio Free Europe en 1960, elles ne furent jamais diffusées. Retrouvées par Rita Gombrowicz en 1976, publiées en polonais en 1977 pour la dispora polonaise par Kultura, elles sont traduites et publiées chez Christian Bourgois en 1984.

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13 mars 2015

Entrée dans la zone d'exclusion de Tchernobyl

 

38"Après un bref trajet, nous arrivâmes devant un grand portail métallique rouillé, flanqué, de part et d'autre, d'un réseau de fils barbelés, on aurait dit l'entrée d'un camp pénitentiaire soviétique dans un film américain. Ouvrir le barbelé et pénétrer dans la zone ne posait guère de problème. Nous nous enfonçâmes à l'intérieur, toujours plus profond, et je cessai peu à peu de chercher les indices de la catastrophe. Ce qui pouvait la rappeler, c'était, peut-être la luxuriance de l'herbe, des fleurs sauvages et des buissons, mais il était de même pour toute terre abandonnée par les hommes. Tout proliférait. Il n'y avait plus de prairies, plus de champs, plus de jardins, et les villages dans lesquels nous pénétrions étaient repris par la forêt, un peu plus chaque été. Un jour, ces villages auraient disparu, dont les maisons avaient été clouées à la hâte par leurs habitants avant de fuir, et qui sait si des gens n'allaient pas revenir. Les arbres et les vrilles, qui les avaient étreints depuis longtemps, les broyaient lentement. Sur les poteaux électriques faits de souches grossièrement taillés qui amenaient l'énergie produite par les réacteurs dans les villages, les lignes tombaient comme des branches."

p.138," Berlin-moscou, un voyage à pied"(2005), Wolfgang Büscher, Esprit des Péninsules

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11 mars 2015

Vertige du fromage fondu à Sioux City

  

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"Lorsque la pizza arriva, je ne la reconnus pas mais je l'avais cherché.Elle avait été victime, en cuisine, d'un attentat. Le cuisinier avait enfoui mon repas sous une avalanche de fromage fondu. Lui ne trouvait rien à redire, il faisait toujours comme ça et ne donnait à ses clients que ce qu'ils désiraient. Tu aurais du t'en douter, me dis-je. N'as-tu pas été déjà surpris, dans la Prairie, par l'amour des Américains pour le fromage,ce fromage fondu,épais comme le doigt, dans l'assiette des clients des diners ? Ils en étaient comme possédés. Il était difficile de trouver un plat sans une épaisse couche de fromage. Je commençai à l'ôter avec le couteau, me montrant bientôt d'une adresse de chasseur."

p.97,"Loin de la mer"(2014), Wolfgang Büscher, La Librairie Vuibert

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10 mars 2015

Hommage au Texas

  

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  "L'artisan qui me sauva de la tempête. L'homme de la station-service qui me vint en aide sans se soucier des clients. Et le croque-mort, maintenant. Ils ne parlaient pas beaucoup, ils offraient ce qu'ils pouvaient à ce type trempé rencontré sur la route, portaient la main à leur chapeau et disparaissaient. Pour cela, quoiqu'il arrive, jamais, je n'oublierai le Texas."

p.277,"Loin de la mer"(2014), Wolfgang Büscher, La Librairie Vuibert

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09 mars 2015

Elan vers l'Ouest

   

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"Si le rêve s'effondrait,, ils laissaient tout et ils allaient plus loin. Nous avons beaucoup de villes fantômes parce que nous avons beaucoup de rêves, qui se sont effondrés. Nous allons toujours plus loin et c'est pareil aujourd'hui."

p36," Loin de la mer"(2014), Wolfgang Büscher, La Librairie Vuibert

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08 mars 2015

L'Amérique ou l'expérience du vide

  

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"Ce matin d'hiver du Dakota du Nord qui crissait maintenant, le froid mordant dans lequel j'avançais, la faible douleur provoquée par la moindre respiration, ce monde figé par l'hiver - tout cela recelait l'attente palpitante des choses à venir, ce que je découvrirais au tournant de la route. Je ne cessais de chercher une ferme, une maison, un troupeau de bœufs, un cheval, une voiture, un cerf écrasé ou un coyote. S'il y en avait un tous les kilomètres, ils ne faisaient qu'accentuer l'impression d'anéantissement grandiose que procurait le vide, la Prairie infinie sans arbres, d'une platitude absolue. Comme l'Amérique était vide était l'Amérique - je ne savais pas que c'était à ce point. Si j'avais transporté mon riche savoir, plus que riche, dans un sac, il aurait sur-le-champ atterri dans la neige. Non, heureusement, je ne connaissais pas ce pays. Je voyais l'Amérique pour la première fois."

p.27,"Loin de la mer"(2014), Wolfgang Büscher, La Librairie Vuibert

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