Lectures paresseuses

01 juillet 2015

Pinsk à l'heure polonaise

  

1280px-Ryszard_Kapuściński_Birthplace"Le gouvernement du nouvel État polonais créé au lendemain de la Première Guerre mondiale voulait peupler de Polonais les confins orientaux du pays, y propager la culture polonaise, mais les volontaires ne se bousculaient pas, ces terres éloignées et leur culture, étrangère pour beaucoup, n'attiraient guère. Le polonais, à Pinsk, était la langue d'une minorité, la population était composée aux deux tiers de juifs et à un tiers de Biélorusses, d'Ukrainiens et de Russes et d'une poignée d'Allemands. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, après l'arrivée des colons venant du fin fond de la Pologne, à peine un quart des trente-cinq mille habitants de Pinsk étaient des Polonais de souche. Quitter la Pologne centrale ou méridionale tenait à la fois de l'exil et de la mission. "

p.24," Kapucinski- Le vrai et le plus que vrai"(2011), Artur Domoslawski, Les Arènes

 

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25 juin 2015

Hinault, l'herculéen

  

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"1980, un 24 avril. La neige tombe au départ du Liège-Bastogne-Liège, la reine de classiques, qu'il a déjà dominé trois plus tôt. Pas moins de 110 coureurs sur 174, abandonnent durant les deux premières heures. Après le ravitaillement, Hinault se place en tête du peloton, impose un rythme fou. Et il s'échappe. seul. Absurdement seul. Désespérément seul au monde. Il rallie l'arrivée après une échappée de 80 kilomètres et plus de neuf minutes d'avance sur Hennie Kuiper. Seuls 21 coureurs terminent. Ses adversaires, humiliés pour des générations à venir, assistent à sa chevauchée... devant la télévision. Le Breton en gardera une phalange gelée pour toujours. Qu'il montre, inerte et figée, de temps en temps, comme un trophée, seulement à ceux qui le méritent."

p.84, "Bernard, François, Paul et les autres..."(2015), Jean-Emmanuel Ducoin, Anne Carrère

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20 juin 2015

L'Institut Saint-Serge évoqué dans un roman de la prochaine rentrée littéraire

  

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"Ensuite, il se dirige vers la place Stalingrad qui n'a pas volé son nom. Par le canal, il arrive rue de Crimée. Au 93, il pousse une grille, et il suit une allée étroite bordée de plantes grasses, jusqu'à un garage à l'abandon surmonté d'une enseigne où il déchiffre les lettres du mot "librairie". Devant lui se dressent l'église orthodoxe Saint-Serge-de Radonej et son double escalier en bois ouvragé. Vladimir Vladirovitch hésite un instant à monter par la droite ou par la gauche, par le sens de la circulation ou par le sens des aiguilles d'une montre, il a l'art de se compliquer la vie, finalement il passe par l'escalier de gauche, il compte les marches, il entre dans l'église (...)

p.242,"Vladimir Vladimirovitch"(2015), Bernard Chambaz, Flammarion

http://ma-rentree-litteraire.fr/vladimir-vladimirovitch/

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19 juin 2015

Comment vient la guerre

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"On n'a plus parlé la même langue, et c'est cela la guerre."

p.67,"Il était une ville", Thomas Reverdy, Flammarion

http://ma-rentree-litteraire.fr/il-etait-une-ville/

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18 juin 2015

Dynamique de la culpabilité

  

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"La culpabilité - le sentiment de mal faire - est un moteur presque aussi puissant que l'ambition - le sentiment de bien faire. "

p.59,"Il était une ville", Thomas Reverdy, Flammarion

http://ma-rentree-litteraire.fr/il-etait-une-ville/

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13 juin 2015

Une terrasse sur Paris, la butte Bergeyre

  C'est la lecture du dernier roman de Virginie Despentes, "Vernon Subutex 2" publié chez Grasset qui m'a fait découvrir ce lieu. Dans le guide Parigramme, il n'est pas précisé qu'après les "Folles Buttes", c'est un stade portant le nom d'un joueur de rugby, Bergeyre qui a remplacé le parc forain.

http://www.des-gens.net/Histoire-de-la-butte-Bergeyre-6084

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"Avant la Première Guerre mondiale, un parc d'attractions proposant manèges et chalets de curiosités était campé à la naissance de la rue Georges-Lardennois. Les "Folles Buttes" (c'était le nom de cette kermesse champêtre) ne sont plus mais la butte Bergeyre, coiffée de jolies maisons de l'entre-deux-guerres, reste bien vaillante.

La première séduction qu'offre ce site exceptionnel, coincé entre les avenues Simon-Bolivar et Mathurin-Moreau, tient à son allure de village endormi, hors du temps et de la ville. Hors de la ville ?Au-dessus plutôt: celui qui vient de gravir les volées d'escaliers de la rue Barrelet-de-Ricou ou de suivre les lacets de la rue Georges-Lardennois en est bien convaincu !

  Et c'est certainement cette situation en altitude qui donne à l'endroit tout son caractère. Il faut se poster au carrefour des rues Georges-Lardennois et Rémy-de-Gourmont pour découvrir un panorama aussi beau qu'inattendu sur Paris, à commencer par une splendide vue du sacré-Coeur, sous un angle inhabituel. Avant de remettre les pieds sur terre en redescendant l'avenue, on prolongera cet agréable commerce avec les hauteurs en musardant dans les petites rues de la butte. Ne pas se presser: elles ne sont pas longues."

p.249, "Paris secret et insolite"(2012), Rodolphe Trouilleux, Parigramme

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10 juin 2015

Convivialité parisienne

 A l'intersection de la rue Saint-Martin et la rue Rambuteau, scotchée sur une porte:

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05 juin 2015

Orwell installé rue du Pot-de-Fer à Paris

  

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  "Comme il ne veut pas vivre chez sa tante éternellement, il trouve, grâce une fréquentation locale,"une chambre dans un hôtel garni d'un quartier ouvrier", rue du Pot-de-fer, à deux pas de la place Monge et du jardin des Plantes."C'était une rue très étroite, une sorte de gorge encaissée entre de hautes maisons aux façades lépreuses figées dans de bizarres attitudes penchées, comme si le temps s'était arrêté au moment précis où elles allaient s'abattre les unes sur les autres.(...) L'hôtel abritait un certain nombre de personnages pittoresques. De ces êtres solitaires, à moitié désaxés, qui hantent les bas quartiers de Paris et qui depuis longtemps renoncé à toute vie normale ou décente.(...) La vie que menaient certains occupants de l'hôtel défiait toute description."

p.127," "George orwell"(2015), Stéphane Malter, Folio Biographie N°123

 

 

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Quand Eric Blair devint George Orwell

  

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"Pour le titre comme son nom de plume, Blair est prêt à faire confiance à son éditeur. Cela ne l'empêche toutefois pas, le 19 novembre 1932, de proposer une liste de trois noms à Léonard Moore en précisant:"En ce qui concerne le pseudonyme, il y a un nom que je j'utilise toujours lors de mes vagabondages: P.S.Burton, mais il vous semble que cette sorte de nom n'est pas vraisemblable, que dites-vous de: Kenneth Miles/George Orwell/H.Lewis Allways. J'ai un faible pour George Orwell.
    Le 19 novembre 1932, George Orwell est né.
    L'Orwell est une rivière qui traverse Ipswitch, une ville à soixante kilomètres au sud de Southwold. Eleanor Jacques se souvient du jour où Eric est revenu de cette ville en lui disant:"Je vais m'appeler George Orwell, parce que c'est un nom qui sonne bien anglais."Quelle que soit la raison du choix de "George"( une passion pour l'écrivain George Gissing, un goût pour les prénoms royaux, une manie du mari Mabel Fierz de saluer les inconnus par un "Salut, George !"tonitruant...), Eric blair ne s'est jamais expliqué à ce sujet."

p.151/152, "George orwell"(2015), Stéphane Malter, Folio Biographie N°123

 

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04 juin 2015

Ambiance familiale

   

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"J'ai raconté le déménagement. J'ai raconté leur isolement, notre solitude. Pas un ami, pas un, jamais. Personne pour sonner à notre porte, personne pour s'assoir à leur table à manger. Pas de copain non plus. Aucune connaissance. Rien de ce qui fait une vie, une rumeur, les rires dans la maison. Mon père avait brisé chacun un à un. Legris et les autres n'étaient que des ombres, son public de loin. Ceux qui l'applaudissaient en espérant qu'il s'en aille. Pas de famille non plus. Des grands-parents morts, venant d'on ne sait où et enterrés nulle part. Pas une photo d'eux. Pas de trace, rien. Pas de cousin, d'oncle, de tante, de ce qui fait les repas du dimanche, les anniversaires, les Noëls, les baptêmes, les mariages et les deuils. Mon père, ma mère et moi. Juste nous trois.Une secte minuscule avec son chef et ses disciples, ses codes, ses règlements, ses lois brutales, ses punitions.Un royaume de trois pièces aux volets clos, poussiéreux, aigre et fermé. Un enfer."

p.289/290, "Profession du père"(2015), Sorj Chalandon, Grasset

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