Lectures paresseuses

30 octobre 2014

La mécanique de Modiano

François Busnel  sur le fonctionnement de Modiano:

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"Le passé, pour Patrick Modiano, est un terrain vague. Il faut fouiller. Déloger les mauvaises herbes. Imaginer ce qui pouvait être là, avant. Rêver. Et se souvenir. Comme si c'était la meilleure manière de lutter contre l'indifférence et l'anonymat. A travers ses livres, Modiano nous rappelle que la plupart des détails marquants sont invisibles sur le moment et ne nous sont révélés que des années plus tard. Un peu comme quand on regarde une vieille photo familière et qu'un visage ou un objet, que nous n'avions pas remarqué jusque là, nous saute aux yeux. Feuilletons, donc, l'album Modiano."

p.33, revue Lire n°430

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Noces de l'oubli et la mémoire chez Modiano

  

ger_374539Patrick Modiano dans un entretien:

"Ma mémoire, oui, mais il faut insister sur le fait qu'il s'agit, au fond, de la mémoire sur fond d'oubli. La toile de fond de tous mes romans, c'est l'oubli. Les nappes d'oubli. La mémoire parvient à les percer, ces nappes, par petites trouées, bien sûr. Mais mon véritable sujet, c'est l'oubli plus que la mémoire. L'oubli est cette couche tout ce ce qu'on a vécu. La mémoire est ce qui tente de percer cette couche. Mais la couche est toujours là. Quand à l'Occupation, c'est différent. Je suis né en 1945. Tous ceux qui sont nés à cette date, après le chaos de la guerre, en sont le produit. même s'ils ne l'ont pas vécue. Donc je ne me distingue pas tellement de ma génération: beaucoup ont exprimé le malaise qui consiste à être le fruit de cette époque. Si ce n'avait pas été moi qui avais exprimé cela par des romans, d'autres l'auraient fait, je pense. L'Occupation est pour moi la nuit originelle."

p.54, magazine Lire N°430

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29 octobre 2014

Anglais, français, regards croisés

 

51mAQYhCs+L "L'Anglais n'est ni francophobe ni francophile, mais peut-être un peu francomane. Si le regard qu'il porte sur nous est le plus souvent critique qu'admiratif, il semble s'intéresser aux français beaucoup plus que les Français ne s'intéressent à lui. Il serait sans doute un peu exagéré de parler d'idée fixe, mais nous le laissons rarement indifférent et, lorsqu'il est question des Français et de leurs impertinences, son flegme légendaire s'efface derrière une susceptibilité d'adolescent."

p.68, "La Reine la City et les grenouilles"(2014), Josselin de Roquemaurel, Albin Michel

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Du détachement matériel au don de soi

  

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" (...) François était un être habité depuis toujours par une passion qui se traduisit d'abord par la volonté de puissance et de gloire mondaine, laquelle, après sa rencontre décisive avec le Christ, se transforma en un élan sans cesse renouvelé vers l'amour absolu. Pour cela, il fut prêt à payer le prix fort en se dépouillant de tout, en renonçant à toute possession. la pauvreté n'est nullement une simple acceptation de la misère matérielle; elle est un engagement dans la donation totale. Il comprit, comme son Maître le lui avait enseigné, que c'était là la seule manière pour l'homme de réaliser pleinement les vertus dont il est virtuellement doté, de s'élever à une dimension où il serait à même de rejoindre le divin. Il vérifia par la suite que c'est bien en se faisant don qu'on reçoit les vrais dons de l'amour."

p.38, "Assise Une rencontre inattendue"(2014), François Cheng, Albin Michel

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27 octobre 2014

La baptême secret de Poutine

   

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"C'est une petite d'argent, au bout d'une chaîne. Elle appartient à Vladimir Poutine depuis sa naissance. Il ne l'a découverte et portée que quarante et un ans plus tard. Depuis, il ne la quitte plus. Le"petit Volodya" a été baptisé dès sa naissance, grâce à des voisins de ses parents dans l'appartement communautaire de la rue Baskov de Saint-Petersbourg. Lorsqu'il naît, une des colocataires est chrétienne pratiquante.Elle convainc sa mère d'amener le bébé à l'église. Volodya est baptisé mais le secret est gardé. Son père milite au Parti communiste. Il est même secrétaire du Parti dans son usine. Ce n'est qu'en 1993 que Poutine apprendra ce secret. A la veille d'un voyage en Israël qu'il entreprendre avec une délégation de la mairie Saint-Pétersbourg, sa mère l'appelle et lui confie sa petite croix baptismale qu'elle a toujours gardée. Elle lui demande de la faire bénir sur la tombe du Christ, dans l'église du Saint-Sépulcre."J'ai fait comme elle me l'avait dit et j'ai passé la croix autour du cou, raconte Poutine.Je ne l'ai plus jamais enlevé."

p.232,"Poutine"(2014), Frédéric Pons, Calmann-Lévy

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26 octobre 2014

Du bon usage d'une certaine duplicité

  

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"Seulement la parole ne s'est pas libérée à l'endroit de toute les communautés à égalité. L'avez-vous fortuitement noté ? L'une d'entre elles résiste à la critique et y riposte avec une brutalité inouïe. Les plus gros scandales ayant éclaboussé Jean-Marie Le Pen, les affaires qui le marquent comme un galérien et le tiennent à l'écart de la respectabilité républicaine, lui interdisant de facto toute possibilité d'alliance avec les autres partis, ne sont pas nées de ces plaisanteries acerbes sur les Arabes ou les Roms, mais celles concernant d'abord et avant tout ses déclarations plus ou moins bienséantes sur les juifs. De ce côté-là, rien ne lui est pardonné. Dès qu'il commet un faux pas, on sonne le schofar. A la moindre esclandre avec la communauté organisée, le malaise devient universel et les punitions réclamées ne sont loin d'être dignes d'un régicide. Dès que le FN approche des 20 % où d'intention de vote, une affaire de ce genre est jetée dans les jambes de Le Pen. Alors on le tance, fustige, condamne avec une rigueur particulière, l'excluant avec une férocité sans nom, mais au nom, tout de même, des Six Millions - basse continue jouée par la nouvelle cléricature composée de tyranneaux inaccessibles à l'objection, en proie à une compulsion de répétition qui confine à la culture de mort."

p14, "Jean-Marie, Marine et les juifs"(2014), Paul-Eric Blanrue, Oser dire

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25 octobre 2014

Vie liturgique au milieu des ruines

"(...) lors de la fête de la Nativité de la très sainte Mère de Dieu, la paroisse Saint-Jean de Cronstadt à Kirovskoye s’est rassemblée dans les ruines de son église, après les bombardements du mois d’août, pour célébrer la liturgie."

http://orthodoxie.com/ukraine-au-donbass-poursuite-de-la-vie-liturgique-dans-les-ruines-des-eglises/

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24 octobre 2014

Un air de cornemuse bielorusse

Un groupe bielorusse formé en 1999 qui reprend le répertoire médiéval du Grand Duché de Lituanie:

http://staryolsa.com/eng/band.html

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21 octobre 2014

Héritage flamand de Modiano

 

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  "Un père juif. Une mère flamande. Quelques pères ou grands-pères de substitution...Quelle peut être l'identité du fils d'une telle famille ? Au tout début de sa carrière, Patrick Modiano avait abordé le sujet en se focalisant sur la judéité, sur fond d'Occupation. Peu à peu, cependant, l'héritage flamand trouve également sa place dans les textes. Et il se révèle lui aussi décisif. Dans sa prime jeunesse, quai Conti, Modiano a en effet baigné dans le flamand de Belgique, la langue de sa mère, arrivée en France trois ans plus tôt, et surtout des parents de celle-ci, venus d'Anvers s'occuper du bébé. A cette époque, vers 1947, "je suis toujours avec eux, et e ne comprends que le flamand", écrit-il dans  Un pedigree. Une confidence qui révèle une double absence. Celle du père évidemment, qui n'a pas pas immédiatement transmis sa langue, le français. Mais aussi celle de la mère: la langue dite maternelle semble provenir moins d'elle que des grands-parents.

   Patrick Modiano n'a guère évoqué la façon dont il est passé du flamand au français. Ni le rôle que ce changement de langue a pu jouer dans sa vocation d'écrivain, dans son choix de faire du langage son métier. Cependant, le constat est là: aujourd'hui, Modiano n'écrit pas dans la langue de sa mère. Il choisit ses mots en français dans une langue qui paraît moins donnée que conquise."

p.103," Dans la peau de Patrick Modiano"(2010), Denis Cosnard, Fayard

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17 octobre 2014

La fugue ou l'ivresse de la rupture

  

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"Je me souviens de l'impression forte que j'ai éprouvée lors de ma fugue de janvier 1960 - si forte que je crois en avoir connu rarement de semblables. C'était l'ivresse de trancher, d'un seul coup, tous les liens:rupture brutale et volontaire avec la discipline qu'on vous impose, le pensionnat, vos maîtres, vos camarades de classe. Désormais, vous n'aurez plus rien à faire avec ces gens-là; rupture avec vos parents qui n'ont pas su vous aimer et dont vous vous dites qu'il n'y a aucun recours à espérer d'eux; sentiment de révolte et de solitude porté à son incandescence et qui vous coupe le souffle et vous met en état d'apesanteur. Sans doute l'une des rares occasions de ma vie où j'ai été vraiment moi-même et j'ai marché à mon pas."

p.77/78, "Dora Bruder"(1997), Patrick Modino, Folio N°3181

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