Lectures paresseuses

03 mars 2015

Typologie des druzes

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   "Fondée par un Persan, Hamza (auteur des Epîtres de la Sagesse et théologien du calife fatimide Al-Hakim), et un Turc, Muhammad ad-Damazin, cette religion est influencée par le néo-platonisme, le gnosticisme, le mysticisme musulman, avec des emprunts aux autres religions révélées, dont le christianisme et le judaïsme. Ce syncrétisme repose sur l'affirmation de l'unité absolue de Dieu. La religion druze, qui ne possède ni liturgie ni lieux de culte, qui refuse la charia et croit en la métempsychose, est défendue par une initiation et un sentiment identitaire très profond qui interdit tout mariage avec les non-Druzes - ce que la taqqiya (le fait de paraître de s'adapter jusqu'à l'apparente métamorphose aux situations contraires ou hostiles) ne doit pas faire oublier."

p.233,"Dictionnaire amoureux de la méditerranée" (2015), Richard Millet, Plon

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26 février 2015

Le choix du français par François Cheng

   

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"Pour moi, la langue française a forgé mon destin.
     Elle se remarque par sa précision et les nuances de ses mots, par la rigueur de sa structure et par son souci du style. Ce souci du style traduit un désir de situer le regard à une certaine hauteur - un regard en surplomb. Cette langue possède donc une double qualité d'être à la fois analytique et synthétique, concrète et abstraite. concrète parce que truffée de détails précis, abstraite par sa qualité de distinction et de distanciation."

p.32, "Entretiens avec Françoise Siri"(2015), François Cheng , Albin Michel

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25 février 2015

Nécessité de l'autolimitation

  

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"Les droits de l'homme" , c'est très bien, mais comment veiller nous-mêmes à ce que nos droits n'empiètent pas sur ceux des autres ? Une société de droits sans frein est incapable de résister aux épreuves. Si nous ne voulons pas nous retrouver dominés par un pouvoir contraignant, chacun doit se mettre lui-même un frein. Aucune constitution, aucune loi ni aucun vote n'assureront par eux mêmes l'équilibre de la société, car le propre des hommes est de poursuivre opiniâtrement leur intérêt personnel."

p.60/61, "Comment réaménager notre Russie ?"(1990), Alexandre Soljétnitsyne , Fayard

A noter p.8, "soit naufragé dans une "Grande guerre nationale" conduite de manière obtuse et même suicidaire", qui pourrait constituer aujourd'hui un délit avec l'instauration depuis 2014 d'une loi mémorielle interdisant l'approche critique de cette période.

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23 février 2015

Un prêtre dans le chaudron irakien

   

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"- Nous nous inscrivons dans une longue tradition de souffrance. Nous pouvons, si nous le désirons, la laisser nous isoler. Mais nous devons bien comprendre que cet isolement est un mensonge. Pensez à Owen. Pensez à ce père irakien et à ce père américain. Pensez à leurs enfants. Ne souffrez pas seuls. Faites à Dieu l'offrande de votre souffrance, respectez votre prochain, et peut-être que l'horreur absolue de cet endroit deviendra un petit peu plus supportable."

p172, "Fin de mission"(2015), Phil Klay , Gallmeister

 

Ce recueil de nouvelles écrit par un ancien marine sort judicieusement avec la sortie du dernier film (ambigü) d'Eastwood, "American sniper".

 

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22 février 2015

Parfum de tristesse à Prague en 1985

  

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"D'abord pourtant, c'est la tristesse de la ville qu'il avait notée, une tristesse froide et sans ostentation, comme soucieuse de ne pas importuner le voyageur, une tristesse qui semble imprégner le voyageur depuis des temps si reculés que chaque arbre, chaque pierre, chaque fragment de maison s'en étaient trouvés marqués. Il se rendait compte maintenant que tristesse n'était que le nom pudique qu'il avait voulu donner à la laideur."

p.77, "Prague Un mariage blanc"(1985), Benoît Peeters( textee) et Marie-Françoise Plissart (photographie), Autrement

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19 février 2015

La nostalgie du futur comme essence du communisme ?

  "Là j'ai déniché dans les rayons une édition soviétique d'un recueil d'Evtouchenko. Un instant je me suis assis au bord de la fenêtre donnant sur l'Amour scintillant. Au milieu du livre, quelques vers évoquaient la "nostalgie du futur". C'est pour des phrases comme celle là que j'avais abandonné mon ébauche de doctorat. Elles me font fermer les yeux et plisser le front comme à l'écoute des Sonates du Rosaire ou des fados d'Alfama. J'en ai des frissons et des insomnies. Qui a mieux exprimer le mieux le malaise de la Russie contemporaine qu'Evtouchenko avec ses quatre mots ? Que vaut un triste rapport face aux pouvoirs de la poésie ?
   Des armées de chercheurs férus et qualifiés ont planché sur les maux du naufrage postsoviétique.. Ils en ont fait des tonnes sur l'effondrement du système.C'est en général pertinent. Mais les sciences humaines ne peuvent rien contre la littérature. Elle dit tout en un quatrain, qu'il s'agisse d'amour ou de communisme. Toska po buduchemu, "la nostalgie du futur", le spleen de cet avenir lumineux qu'on leur avait promis en ces terres. Car se contenter de peu est un délice lorsque l'on a confiance en des lendemains heureux. Un long harassement est une volupté à la seule promesse d'un repos. Mais les rêves, le pays et la propagande elle-même s'étaient effondraient en chœur. L’absence de lumière au milieu de l'hiver sur chaque existence. Et l'on ne regrettait pas l'URSS en elle-même, mais le serment qu'elle professait , l’infaillibilité du progrès, la victoire finale, l'épanouissement prolétaire, toutes sortes de certitudes.

p.106/107,"L'hiver aux trousses"(2015), Cédric Gras, Stock

Sur Evtouchenko: http://fr.wikipedia.org/wiki/Evgueni_Evtouchenko

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18 février 2015

Parmi les vieux-croyants en Mandchourie

   "Je suivis la procession des hommes en robe noire et des femmes enchâlées se dirigeant prestement vers la maison de prière sans clocher ni pope. On me plaça à l'écart. Les halos des dizaines de cierges dansaient sur une étagère d'icônes artisanales qui traversaient le mur du fond. Les vieux-croyants marmonnaient des prières dans un russe ancien. Un à un, ils psalmodiaient et accomplissaient des lectures à la lueur d'un chandeleur. Les signes de croix à deux doigts étaient amples et fréquents. Les plus jeunes se montraient tout aussi dévots,apprenant des aînés exaltés les gestes et les mots millénaires de la communauté. Je n'ai pas connu dans ma vie de cérémonie plus mystique que cette nuit d'oraisons et de litanies, perdues au beau milieu de la taïga d'Orient, par mi les descendants des chasseurs de tigres de Mandchourie."

p.219/220,"L'hiver aux trousses"(2015), Cédric Gras, Stock

A propos du retour en Russie des vieux-croyants en provenance de la Bolivie: http://fr.sputniknews.com/french.ruvr.ru/2011/10/20/59027794/

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17 février 2015

Louis XIII et la consolation de la musique

 

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"Louis XIII n'aime guère la vie de cour, mais il en apprécie certains divertissements. Le roi-soldat  a le goût de la danse et, plus intensément encore celui de la musique. Les témoignages en la matière ne manquent pas. Le mauvais temps ou une indisposition contrarient-ils  son plaisir de la chasse ? "Il s'enfermait seul dans son cabinet, rapporte le père Griffet, où il s'occupait à peindre ou à dessiner, ou à composer de la musique."La plupart des airs qu'on y chantait, assure la Grande Demoiselle, Anne-Marie-Louise d'Orléans, nièce du roi, évoquant les concerts donnés à la Cour, étaient de sa composition; il en faisait même les paroles."

p.91," Le goût des rois"(2015), Jean-François Salnon, Perrin

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16 février 2015

De l'élégance

  

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"Être élégant, c'est respecter les autres; c'est aussi se respecter soi-même."

p.32," Mais soudain la musique s'est tue: Journal 2009-2013"(2015), Gabriel Matzneff, Gallimard

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15 février 2015

Aïan, Finistère sibérien

  

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"A l'image de ses falaises, Aïan s'avéra être un cul-de-sac digne du bout de la terre. Chef-lieu du district, la ville est acculée à la mer d'Okhotsk, à califourchon sur une presqu'île surmontée d'une fantastique colline. Il n'y avait de piste ni vers le nord ni vers le sud. Le seul passage terrestre était celui que j'avais emprunté. J'ai appris que la rédaction de la gazette locale, L'Etoile du Nord, envoyait sa feuille de chou à Aïm, Djigda ou Nelkan grâce aux coucous de Vostok Avia, via Khabarovsk, sur le fleuve Amour.C'était dire l'état de la route que nous avions parcourue. Les airs étaient la seule voie. Pour couronner le tout, les passagers étaient interdits à bord des navires marchands depuis un retentissant naufrage qui avait englouti quelques-uns en plus de l'équipage. La mer d'Okhotsk était épouvantable. Du haut des escarpements délités, on ne percevait que le fracas des bouleaux décoiffés par les bourrasques."

p.77,"L'hiver aux trousses"(2015), Cédric Gras, Stock

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