Lectures paresseuses

22 décembre 2014

Cau dans la vie Modiano

  

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"Chez ma mère, je retrouve le journaliste Jean Cau, protégé par un garde du corps à cause des attentats de l'OAS. Curieux personnage que cet ancien secrétaire de Sartre, à tête loup-cervier et fasciné par les toreros. A quatorze ans, je lui ai fait croire que le fils de Stavisky, sous un faux nom, était mon voisin de dortoir et que ce camarade m'avait confié que son père était encore vivant quelque part en Amérique du Sud.Cau venait au collège en 4 CV, voulant à tout prix connaître le "fils de Stavisky" dans l'espoir d'un scoop."

p.77,"Un pedigree"(2005), Patrick Modiano, Folio N°4377

Jean Cau est le préfacier du premier roman de Modiano"Place de l'Etoile"(1968), dans un article de l'Express, on resitue dans quel contexte:

"Les intrus de l'intro

Lorsque paraît La Place de l'étoile, le 28 mars 1968, premier roman d'un certain Patrick Modiano, Jean Cau en signe une préface dithyrambique. C'est que l'écrivain et journaliste partage alors sa vie avec la propre mère de Modiano et n'hésite pas à porter ce jeune romancier prometteur sur les fonts baptismaux: "Une sensibilité faite de tant de rires et de tant de douleurs qu'aucun Dieu (fût-il d'Abraham) n'y reconnaîtra les siens", écrit-il. Et pourtant, cette préface disparaîtra dans les éditions suivantes. Sans doute parce que Mai 68 était passé par là, et que l'étiquette très à droite de Jean Cau pouvait desservir Modiano, qui a lui-même retravaillé son roman.

http://www.lexpress.fr/culture/livre/le-business-secret-des-prefaces_1061101.html#s0dpPx2boF9Txp9v.99


  

 

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09 décembre 2014

Le moment de la décadence

 

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"C'est la substantielle moelle de tout réel moment de décadence: on sait qu'une époque nous échappe déjà, inexorablement, alors même qu'elle est à son apogée."

p.33,"15, place Vendôme-Le Ritz sous l'Occupation"(2014), Tilar Mazzeo, Vuibert

Site de l'auteur, américaine : http://www.tilar-mazzeo.com/

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07 décembre 2014

Vivre avec son passé

  

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"Un homme qui réussit a la possibilité de cacher son passé; un perdant passe le reste de sa vie à essayer de ne pas se noyer dans le sien."

p.38,  "Quand vient la nuit"(2014), Dennis Lehane, Rivages

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06 décembre 2014

"Les vrais amants sont des voleurs"

  

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"Les vrais amants sont des voleurs, quand ils ont trouvé la clé du coffre, ils prennent tout ce qu'il y a dedans et le dépensent sans compter, sans rien mettre de côté en prévision des jours de disette amoureuse. Ils dérobent sans vergogne, tout et tout de suite, et s'arrêtent seulement de mourir d'épuisement."

p.143, "Trompe-la-mort"(2015), Jean-Michel Guenassia, Albin Michel

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05 décembre 2014

Du bonheur

  

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"Le bonheur l'angoissait, parce qu'il le savait appelé à ne pas durer. Mais le bonheur anéanti méritait qu'on l'étreigne, parce qu'il vous rendait toujours la pareille."

p.86, "Quand vient la nuit"(2014), Dennis Lehane, Rivages

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02 décembre 2014

Humain, trop humain...

 

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  "Le pire, chez les hommes, est un lieu commun. Le meilleur est beaucoup plus rare."

p.95, "Quand vient la nuit"(2014), Dennis Lehane, Rivages

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14 novembre 2014

Elections dans le Donbass

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Automne parisien

  

indexEcrit le 30 octobre 1943:

"Le soleil avait percé et le ciel était bleu. Il y avait une débauche d'ors, les dernières feuilles des marronniers étaient de cuivre, l'herbe des pelouses d'un vert d'émeraude, le ciel pur, lumineux, léger, le parfum tenace des feuilles froissées, et partout dans l'air la saveur un peu âcre et si automnale des feux de feuilles mortes. La Seine pailletée de lumière, c'était d'une beauté irréelle, fragile, splendide."

p.218, "Journal"(2008), Hélène Berr, Points Seuil N°2163

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13 novembre 2014

La beauté dans la tourmente

 

soireanuncio9juinEcrit en 1942, à l'âge de 21 ans:

  "Il faisait un temps splendide. Je ne comprenais plus très bien toute cette beauté de Paris par un matin de juin radieux. Il fait toujours beau dans les catastrophes."p.74

   "Jamais Paris n'a été aussi joli, c'était une fois de plus les quais, le Louvre, et la Seine. Je me suis rappelé une occasion où toute cette beauté m'avait frappée, contrastant avec les circonstances tragiques."p.77

"Journal"(2008), Hélène Berr, Points Seuil N°2163

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11 novembre 2014

Couronnement de la nature

Ecrit le 11 avril 1942 à l'âge de 21 ans, à Aubergenville dans les Yvelines :

  

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"Ce matin, après avoir épluché les pommes de terre, je me suis sauvée au jardin, sûre de la joie qui m'attendait. J'ai retrouvé les sensations de l'été dernier, fraîches et neuves, qui m'attendaient comme des amies. Le foudroiement de lumière qui émane du potager, l'allégresse qui accompagne la montée triomphante dans le soleil matinal, la joie à chaque instant renouvelée d'une découverte, le parfum subtil des buis en fleurs, le bourdonnement des abeilles, l'apparition soudaine d'un papillon au vol hésitant et un peu ivre. Tout cela, je le reconnaissais, avec une joie singulière. Je suis restée à rêver sur le banc là-haut, à me laisser caresser par cette atmosphère si douce qu'elle faisait fondre mon coeur comme de la cire; et à chaque moment je percevais une splendeur nouvelle, le chant d'un oiseau qui s'essayait dans les arbres encore dénudés, et auquel je n'avais pas encore fait attention, et qui soudain peuplait le silence de voix, le roucoulement lointain des pigeons, le pépiement des autres oiseaux; je me suis amusée à à observer le miracle des gouttes de rosée sur les herbes, en tournant un peu la tête, je voyais leur couleur changer du diamant à l'émeraude, puis à l'or rouge. L'une d'elles est même devenue rubis, on aurait dit de petits phares. Brusquement, en renversant la tête, pour voir le monde à l'envers, j'ai réalisé l'harmonie merveilleuse des couleurs du paysage qui s'étendait devant moi, le bleu du ciel, le bleu doux des collines, le rose, les bruns et les ocres tranquilles des toits, le gris paisible du clocher, tout baignés de douceur lumineuse. Seule l'herbe fraîche et verte à mes pieds mettait une une note plus crue, comme si elle seule était vivante dans ce paysage de rêve. Je me suis dit: "Sur un tableau, on croirait ce vert irréel, avec tous ces coloris de pastel."Mais c'était vrai."

p.25,"Journal"(2008), Hélène Berr, Points Seuil n.2163

  Un passage qui évoque musicalement "Forest fire" de Lloyd Cole and the Commotions:

 

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