Lectures paresseuses

14 novembre 2014

Elections dans le Donbass

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Automne parisien

  

indexEcrit le 30 octobre 1943:

"Le soleil avait percé et le ciel était bleu. Il y avait une débauche d'ors, les dernières feuilles des marronniers étaient de cuivre, l'herbe des pelouses d'un vert d'émeraude, le ciel pur, lumineux, léger, le parfum tenace des feuilles froissées, et partout dans l'air la saveur un peu âcre et si automnale des feux de feuilles mortes. La Seine pailletée de lumière, c'était d'une beauté irréelle, fragile, splendide."

p.218, "Journal"(2008), Hélène Berr, Points Seuil N°2163

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13 novembre 2014

La beauté dans la tourmente

 

soireanuncio9juinEcrit en 1942, à l'âge de 21 ans:

  "Il faisait un temps splendide. Je ne comprenais plus très bien toute cette beauté de Paris par un matin de juin radieux. Il fait toujours beau dans les catastrophes."p.74

   "Jamais Paris n'a été aussi joli, c'était une fois de plus les quais, le Louvre, et la Seine. Je me suis rappelé une occasion où toute cette beauté m'avait frappée, contrastant avec les circonstances tragiques."p.77

"Journal"(2008), Hélène Berr, Points Seuil N°2163

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11 novembre 2014

Couronnement de la nature

Ecrit le 11 avril 1942 à l'âge de 21 ans, à Aubergenville dans les Yvelines :

  

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"Ce matin, après avoir épluché les pommes de terre, je me suis sauvée au jardin, sûre de la joie qui m'attendait. J'ai retrouvé les sensations de l'été dernier, fraîches et neuves, qui m'attendaient comme des amies. Le foudroiement de lumière qui émane du potager, l'allégresse qui accompagne la montée triomphante dans le soleil matinal, la joie à chaque instant renouvelée d'une découverte, le parfum subtil des buis en fleurs, le bourdonnement des abeilles, l'apparition soudaine d'un papillon au vol hésitant et un peu ivre. Tout cela, je le reconnaissais, avec une joie singulière. Je suis restée à rêver sur le banc là-haut, à me laisser caresser par cette atmosphère si douce qu'elle faisait fondre mon coeur comme de la cire; et à chaque moment je percevais une splendeur nouvelle, le chant d'un oiseau qui s'essayait dans les arbres encore dénudés, et auquel je n'avais pas encore fait attention, et qui soudain peuplait le silence de voix, le roucoulement lointain des pigeons, le pépiement des autres oiseaux; je me suis amusée à à observer le miracle des gouttes de rosée sur les herbes, en tournant un peu la tête, je voyais leur couleur changer du diamant à l'émeraude, puis à l'or rouge. L'une d'elles est même devenue rubis, on aurait dit de petits phares. Brusquement, en renversant la tête, pour voir le monde à l'envers, j'ai réalisé l'harmonie merveilleuse des couleurs du paysage qui s'étendait devant moi, le bleu du ciel, le bleu doux des collines, le rose, les bruns et les ocres tranquilles des toits, le gris paisible du clocher, tout baignés de douceur lumineuse. Seule l'herbe fraîche et verte à mes pieds mettait une une note plus crue, comme si elle seule était vivante dans ce paysage de rêve. Je me suis dit: "Sur un tableau, on croirait ce vert irréel, avec tous ces coloris de pastel."Mais c'était vrai."

p.25,"Journal"(2008), Hélène Berr, Points Seuil n.2163

  Un passage qui évoque musicalement "Forest fire" de Lloyd Cole and the Commotions:

 

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08 novembre 2014

Ghetto juif parisien en 1932

 

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  "De vieux  Juifs, comme on rencontre qu'à Bydgoszcz, Zlatana ou Milowek, se faufilent le soir entre les livres. On s'étonne de les voir  Paris, vêtus de touloupes qui balayent le sol, le favori roulé, le cheveu huileux, la main tremblante. Ceux-là, plus libres en France que partout ailleurs, méprisent hardiment le costume chrétien. Affairés et rêveurs, ils vont et viennent dans la boue du ghetto, coiffés de petites toques à courte visière, enveloppés, enhaillonnés de longues de redingotes aile de corbeau, de lévites funèbres. Les yeux profonds, tristes et perdus, le teint rose, parfois effrayant, les oreilles énormes, le corps penché, boiteux, borgnes, tuberculeux neuf fois sur dix, ils traînent d'une boutique à l'autre, chuchotent, glissent, immensément paresseux, et passent et repassent devant les pâtisseries et les merceries saumurées et fétides de ce quartier où les mousquetaires venaient autrefois se battre en duel."

p.96/97,"Le piéton de Paris"(1932), Léon-Paul Fargue, Gallimard coll. 'L'imaginaire"

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07 novembre 2014

Passion des cabarets sous Louis XIII

  

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"Vivant comme il l'est, ce Paris est tout en oppositions: dévot le matin, goinfre l'après-midi, roulant sous la table le soir. Au nombre élevé des églises et des chapelles correspond un nombre aussi élevé de cabarets, de tavernes, d'hostelleries où l'on boit sec. Le cabaret ! Lieu délectable pour les poètes depuis que Villon l'a chanté, endroit divin pour tous les meurt-de-soif et les "biberons" de la capitale. Chaque quartier en possède une dizaine au moins, tous reconnaissables au bouquet suspendu au-dessus de leur porte, fait de branches de lierre, ou de houx, ou bien de cyprès, qu'on appelle le "bouchon", d'où leur nom qui est resté. Près de ce bouquet est suspendu une enseigne de fer-blanc grossièrement peinturlurée, destinée à raccrocher les passants."

p.101, "Paris à travers les âges"(1951), Jules Bertaut, Hachette

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04 novembre 2014

Origine huguenote de Manhattan

 

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  "En 1614, la toute-puissante Compagnie hollandaise des Indes occidentales fonde la colonie de la Nouvelle Hollande à l'emplacement actuel de New-York. En 1625, elle y installe un poste de traite. Trente familles protestantes d'origine française y débarquent, à la recherche d'un lieu où fuir les persécutions. L'année suivante, Peter Minuit "achète" Manhattan à une tribu de passage, les Wappingers, pour 60 florins de produits divers (l'équivalent de 26 dollars actuels !). Il s'agit du premier "coup" financier d'une ville qui va devenir la capitale d'un négoce fondé sur l'audace, le bluff et le goût du virtuel..."

p.69, "New-York", Guide vert, Michelin

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01 novembre 2014

Toussaint, ou la lumière de la sainteté

"La ronde des anges " est un motif du Jugement dernier de Fra Angelico (1431), conservé au musée national du couvent San Marco à Florence. L'imagerie d'Halloween remplace-t-elle avantageusement l'éclat de la sainteté ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jugement_dernier_%28Fra_Angelico%29

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Naissance du Rubik's cube

  

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"Les 26 petits cubes qui se déplacent sur toutes les faces ont été créés en 1974 par un jeune professeur d'architecture hongrois Ernő Rubik. Ce passionné de géométrie et d'études de formes en trois dimensions compte l'utiliser comme outil pédagogique. Ses étudiants doivent deviner le fonctionnement du mécanisme central. Lorsque les faces de la sculpture prennet les couleurs, les utilisateurs constatent qu'il est extrêmement difficile de retrouver l'ordre initial après manupulations.. L'idée de le commercialiser comme casse-tête mathématique se dessine. Rubik dépose le brevet du "Magic Cube" en Hongrie en 1975. Deux ans plus atrd, les boutiques de jouets de  Budapest vendent les premiers cubes à six couleurs.  A la veille des années 80, les premiers modèles de cubes franchissent le rideau de fer. Ils conquièrent Londres, New-York et Paris...Depuis son lancement international quelque 350 millions de Rubik's cubes ont été vendus."

p.37," Vintage", Hors-Série Aniquités Brocante 2014, vendu en kiosque

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30 octobre 2014

La mécanique de Modiano

François Busnel  sur le fonctionnement de Modiano:

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"Le passé, pour Patrick Modiano, est un terrain vague. Il faut fouiller. Déloger les mauvaises herbes. Imaginer ce qui pouvait être là, avant. Rêver. Et se souvenir. Comme si c'était la meilleure manière de lutter contre l'indifférence et l'anonymat. A travers ses livres, Modiano nous rappelle que la plupart des détails marquants sont invisibles sur le moment et ne nous sont révélés que des années plus tard. Un peu comme quand on regarde une vieille photo familière et qu'un visage ou un objet, que nous n'avions pas remarqué jusque là, nous saute aux yeux. Feuilletons, donc, l'album Modiano."

p.33, revue Lire n°430

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