"Après, c'est l'Amérique et c'est fini le ciel noir, les jours noirs et toutes les choses noires et petit oeil de Gestapo. Venez avec avec moi. Ici, vous êtes des chiens tristes qu'ils viennent toujours de voler une chose à leurs maîtres. Vous avez peur de laisser voir ce que vous êtes et, des fois, peur de ne pas laisser voir assez. Même ceux ils sont pour collaboration, ils ont peur de perdre les Allemands. Même ceux qui pensent rien, ils ont peur parce qu'ils pensent rien. Et peur pour un père, peur pour un ami, pour demain, pour bombardements, viande,charbon, marché noir. Mais là-bas, vous avez plus peur. Juif, pas juif, personne s'occupe. Vous pensez n'importe qu'oi. Vous mettez  ce que vous voulez dans la vie. Elle est grande, elle est petite,  mais toujours elle est à vous. En Europe, il n'y aura plus jamais ça, même quand l'occupation est partie. Les vieilles choses il faut les laisser pour les rats. Là-bas, vous trouvez liberté, lumière, ciel et toutes choses qui sont pour la vie. Et quand vous avez besoin de mépriser et être méchant - tout le monde a en besoin- il y a les Nègres. Oh! je voudrai être déjà. Venez avec moi." p.245

"Chemin des écoliers", les dialogues sont dans les romans de Marcel Aymé comme des coups de sonde pour extraire les convictions les plus enfouies. La finale , lue en 2008 est prodigieuse. Le personnage qui s'exprime ainsi une locataire juive de Pologne, Lina.

Chemin