"Par contre, si, dans un pays, surgit un homme qui réussit à arrêter son peuple sur la pente fatale, il est alors considéré comme un tyran, qu'il soit homme du peuple, aristocrate, civil ou militaire. Il en fut ainsi pour Mannerheim qui a préservé la Finlande du communisme russe, pour Pilsudski en Pologne, pour l'Amiral Horty en Hongrie, pour Kemal Pacha en Turquie, pour Salazar au Portugal et pour Franco en Espagne. Les démocrates ont-ils songé à ce serait arrivé si les communistes avaient gagné la guerre civile d'Espagne ? Il ne sied pas de poser de telles questions. Tous ces hommes sont des dictateurs, par conséquent haïssables; on les boycotte pendant vingt ans, ou plus, avant de s'apercevoir que, malgré tout, ils ont réussi à préserver leur pays de l'anarchie, à stabiliser plus ou moins leur économie et même à être utiles aux démocraties officielles lors des grandes catastrophes; car, enfin, ce sont tout de même eux qui su dire "non" quand on a voulu utiliser leurs pays pour prendre l'Europe à l'envers."p.23

p.23,"Cendres sur l'Europe", Paul Bormans-Wenden, Olivier Perrin ,1959