Vu de La Frette

Un Gallo-(catholique)romain du Val d'Oise, des citations pour nourrir le fil des jours

30 novembre 2008

Noël en taule

Premier dimanche de l'Avent, profitons de ces jours d'attente pour explorer notre patrimoine littéraire illuminé par le temps de la Nativité.Un début dans la douleur tragique qui sait atteindre la tendresse authentique.

Noël en taule

Qu’importe aux enfants du hasard,brasi

Le verrou qu’on tire sur eux :

Noël n’est pas pour les veinards,

Noël est pour les malchanceux.
Voici la nuit : il n’est pas tard,

Mais la cloche tinte pour eux.

Noël derrière les barreaux,

Noël sans arbre et sans bonhomme,

Noël sans feu et sans cadeau,

C’est celui des lieux où nous sommes,

Où d’autres ont joué leur peau,

Sur la paille dormi leur somme.

Je t’adopte, Noël d’ici,

Bon Noël des mauvaises passes :ph992497

Tu es le Noël des proscrits,

De ceux qui rient dans les disgrâces,

Des pauvres bougres qu’on trahit,

Et des enfants de bonne race.

Nous savons qu’au dehors, ce soir,

Les amis et les cœurs fidèles,

Les enfants ouvrant dans le noir,

Malgré le sommeil, leurs prunelles,

Evoquent l’heure du revoir

Et tendent leurs mains fraternelles.

Et pour revoir, gens du dehors,

Le vrai Noël de nos enfances,

Il suffit de fermer encorNativite

Nos yeux sur l’ombre de l’absence,

Pour dissiper le mauvais sort

Et faire flamber l’espérance.

Robert Brasillach, "Noël "1944, fusillé le 6 mars 1945

Posté par Sepo à 22:18 - Poésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 novembre 2008

Neiges sur les dunes de Nida

    Dans l'isthme de Courlande qui longe la côte lituanienne, Nida est à la belle saison la station balnéaire la plus réputée de Lituanie. Thomas Mann disposait d'une maison d'été, aujourd'hui transformée en musée.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nida_(ville)
http://www.nerija.lt/lt/foto/kopos.php  (photos en été pour saisir le contraste)
Après une tempête de neige, les dunes sont complètement recouvertes:

downlo













download

Posté par Sepo à 23:26 - Terres d'Europe - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 novembre 2008

Inassouvi !

31JEx5cXxWLUn auteur africain (vivant en France) qui sait avoir de beaux accents dans notre langue, Fatou Diome:

"Inassouvi ! Ce mot gémit, souffle et susurre à nos oreilles tant de manques, tant de ratés. Il contient, certainement, une part non négligeable de ce qu'il nous faudrait saisir pour comprendre nos joies comme nos peines. Combien d'amitiés, déchirées ou perdues, en cours de route, inassouvies ? Combien d'amours, larvées, enterrées sans requiem ni fleurs, inassouvies ? Combien de rêves, malgré la volonté d'oubli, continuent d'alimenter nos soupirs, inassouvis? Combien de désirs, devenus dépits, parce que, inassouvis ? Combien d'êtres chers, partis à l'aube de notre affection, nous laissent inassouvis ? Combien de choix ou de non-choix inscrivent en nous les tenaces regrets de l'inassouvi ? Et puis, parce que vivre c'est survivre à quelqu'un ou à quelque chose, à qui, à quoi renonçons-nous, humblement défaits ou dignement amputés, mais toujours inassouvis."

p.15, " Inassouvies, nos vies", Fatou Diome, Flammarion 2008

Posté par Sepo à 20:19 - Citation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 novembre 2008

Gluckmann André inspiré sur l'Obamania

      A des années lumières de mes convictions, c'est avec d'autant plus de plaisir que je reprends cette citation d'André Gluckmann :

d357a14a_b018_11dd_b3d4_8c448b4bbe29"Wall Street, le temple honni de la spéculation carnassière, l'a choisi et financé, ce qui n'inquiète manifestement plus nos gauches antilibérales. Les yeux fermés, nous sommes satisfaits de tout ignorer des projets concrets qu'il n'a du reste pas dévoilés en matière de crise économique et internationale."
Les opinions européennes, droite et gauche confondues, s'abandonnent à une vision postmoderne de l'histoire et démissionnent, comme s'il appartenait aux Américains et désormais à Obama seul de régir à notre place la gouvernance planétaire. 84 % ! Nous fêtons une puissance qui nous délivre de nos responsabilités et libère de l'obligation d'agir."

Source:
http://www.lefigaro.fr/debats/2008/11/15/01005-20081115ARTFIG00021-obamania-et-renoncement-de-l-opinion-europeenne-.php

Posté par Sepo à 22:31 - Actualité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 novembre 2008

Basilique Saint Martin de Tours et la conquête arabe

     L'armistice du 11 novembre 1918 relègue la fête de saint Martin dont l'influence est fondamentale dans notre histoire nationale. La sortie chez Fayard (2008) d'une biographie écrite par Olivier Guillot, "Saint Martin, apôtre des pauvres" permet une salutaire revisitation de cet héritage (la formulation de l'auteur est lourde mais la portée historique est précieuse):

"Comment la basilique de saint Martin de Tours a été l'enjeu de l'agression arabe de 732, repoussée par Charles Martel

51l141VThaLOn a perçu plus précisément depuis quelques décennies ce qui fait l'originalité du temps où Charles Martel, maire du palais (721-737), du vivant de Thierry IV, roi mérovingien, descendant dûment de Clovis, ait été reconnu comme "prince"(princeps) dans la grande partie du monde franc, c'est-à-dire, en ce cadre, comme celui dont la primauté, reprise à la tradition impériale romaine, lui vaut de commander à tous à la place du roi. Ainsi, la grande puissance avec laquelle Charles Martel a gouverné une bonne part du monde franc, loin d'avoir un fondement germanique, découle de la qualité qui lui est reconnu d'être princeps. Si on cherche un précédent, il est dans la situation qu'avait connue Clovis aux trois dernières années de son règne au sortir de son triomphe de Tours au printemps 508 où, comme on a vu, il avait été acclamé comme "Auguste". A prendre ce précédent de Clovis tel qu'il avait été interprété par Clovis et par les siens, comme on a vu, il avait été compris comme imputable à la "vertu" de saint Martin.
  Il faut croire qu'au temps de Charles Martel, la référence à ce précédent a abouti à faire communément admettre que la prééminence comme princeps du célèbre maire du palais était fondée, d'une manière similaire à ce qui s'était passé au temps de Clovis, sur la "vertu" de saint Martin, ancrée en la tombe du saint, en la basilique de Saint-Martin de Tours.
  bl_165746_image1La preuve en est apportée par les deux récits qui ont été composé, tant du côté arabe que du côté franc, à la suite de l'offensive arabe du roi Abd el-Rahman de 732, repoussée par Charles Martel: tous les deux s'accordent, ce qui est forcément révélateur, à considérer que c'est à partir du moment où Abd el-Rahman a manifesté son intention d'aller détruire la basilique de Saint-Martin de Tours que Charles Martel est entré dans le conflit et, par la bataille de Poitiers, a tué Abd el-Rahman et mis en fuite son armée.
  (...)
  Il y a là une illustration claire de ce qu'en la circonstance la basilique de Saint-Martin de Tours signifie. C'est par le pillage de ce sanctuaire que le roi Abd el Rahman pense abattre le mieux la puissance de celui que, de son bord, on qualifie de consul, à la romain; et, de ce côté arabe, on reconnaît qu'aussitôt manifesté ce dessein, Charles Martel est entré en action pour y faire obstacle. Et du côté franc, c'est bien l'existence de ce même dessein, manifesté à partir de la mise à mal de Poitiers, qui est indiquée juste avant la décision de Charles Martel de passer à l'attaque.
DSC04881 En l'occurrence la basilique, avec la tombe et les restes du saint qu'elle abrite, est bien comprise comme ce qui soutint la forme particulière du pouvoir de Charles - une prérogative de princeps, de même nature politique que ces insignes que Clovis avait revêtus dans cette même basilique, qui lui avaient valu d'être acclamé comme Auguste- et aussi, en prolongement, comme le lieu d'où émane cette "vertu" du saint, un lieu qu'il s'agissait en 732, pour Charles Martel de défendre plus que tout, et mais qui, il nous semble, dans la conviction de ce dernier, lui valait vraisemblablement, dans le combat, d'être fort de la "vertu"de Martin."

p.519-520, "Saint martin, apôtre des pauvres", Fayard (2008), Olivier Guillot

Posté par Sepo à 18:59 - Catholicisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 novembre 2008

Evocation de Marcel Aymé par Diwo

     C'est toujours avec délectation quand on retrouve une évocation du grand Marcel, la jovialité de Jean Diwo, ancien journaliste à Paris-Match, et fondateur de Télé 7 Jours offre une peinture chaleureuse de notre bon Marcel:

"Le Cap-Ferret. (...) C'est ainsi qu'en ce mois d'août 1961

51jgLXfp__L(...) quand Marcel Aymé vint à la maison prendre le pastis traditionnel et disputer une partie de tir à la ventouse. C'était une idée de mon beau-père qui, à la retraite, s'était fait un nom en peignant des tableaux naïfs. Le jeu enchantait Marcel. Nous empruntions  à mon garçon  un pistolet à ressort qui projetait des flèches munies d'une ventouse  de  caoutchouc. A vrai dire, mon fils ne s'en était jamais servi, ce jouet offert par son grand-père étant jugé trop dangereux par sa mère.
  La partie se disputait en cinq salves tirées à trois mètres vers une cible dessinée sur la porte du garage. Mon beau-père, veuf attristé, et Marcel, le taciturne, prirent un plaisir extrême et bruyant à cette distraction de gamins. je crois que peu de gens, pas même ses grands amis Blondin et Anouilh, n'ont connu Marcel Aymé aussi détendu et joyeux."

p.175, "Le Jeune Homme en culotte de golf", Jean Diwo, Flammarion, 2008

Posté par Sepo à 20:19 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 novembre 2008

Noël chez les chiffoniers

    D'emblée sceptique sur cette canonisation cathodique, les " Confessions d'une religieuse" , de Sœur Emmanuelle exprime un lumineux témoignage:

      "Noël au bidonville

51d4VbXG_RL    Quand je suis arrivé au bidonville, les chiffonniers chrétiens gardaient une foi vivante, mais relation avec l'Eglise copte orthodoxe qui ne paraissait pas soupçonner leur existence. Ils ne mettaient jamais les pieds à la paroisse assez proche, car ils se sentaient trop mal vus des fidèles !
    Je vais visiter pour la première fois le patriarche Chenouda pour lui parler de son troupeau sans pasteur et demander un prêtre pour Noël. Il me reçoit avec la plus grande cordialité et accède immédiatement à ma requête. ce sera le point de départ de notre amitié. J'ai ainsi assisté à la plus belle messe de Noël de ma vie! Un chiffonnier nous prête sa cabane et sa cour rigoureusement nettoyées. Quelques relents d'ordures y subssitent seulement. Une lampe à butane éclaire les parois noiraâtres, la table branlante couverte d'un vioeux drap qui sert d'autel et quelques bancs de couleur indéfinie. L'âne de la crèche et le boeuf transformé en buflesse ne sont pas loin. Quelques hi-han sonores, entremêlés de grogements de cochons, nous le rappellent. Un vieux moine arrive et ne paraït pas décontenancé comme son homélie le prouve: "Si le Christ devait renaître sur terre cette nuit, il viendraitchez vius: son gîte, c'est la pauvreté, les bergers sont vos frères. Soyez dans la joie, le Ciel visite le bidonville."
    Des bougies sont allumées. le plus bouleversant, ce sont les visages de nos chiffonnières: leurs yeux sont éclatants de lumière, meurs lèvres chantent avec allégresse:"Koudous, Koudous, Koudous, Saint, Saint, Saint, le Seigneur." ces femmes précocement vieillies par la dureté de leur vie ont soudain revêtu un rayon de beauté céleste."

p.212," Confessions d'une religieuse", Soeur Emmanuelle, Flammarion (2008)

Posté par Sepo à 22:04 - Catholicisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 novembre 2008

Emmanuel Rahm, une ère de paix à l'horizon ?

Faucon ou colombe ? American first ou Israël first ? le ton est en tout cas est donné...

06/11/2008 – 23h00
Washington (NOVOpress) –
Dès le lendemain de son élection, Obama dévoilait le nom de celui qui sera le secrétaire général de la Maison Blanche, autrement dit son plus proche collaborateur. Issu du « premier cercle » du nouvel élu, Rahm Emanuel n’est pas un inconnu, même si son nom n’est pas souvent apparu dans les médias au cours de la campagne électorale.

rahm_e1Rahm Emanuel est le fils de Binyamin Emanuel, un pédiatre, qui, avant d’émigrer à Chicago à la fin des années 50, fit partie du “Etzel”, un groupe terroriste d’ultra-nationalistes juifs qui mena une guérilla contre les troupes britanniques avant la création de l’Etat d’Israël en 1948. Avec Rahm  Emmanuel, « certain » lobby dispose donc maintenant d’un pion essentiel dans le dispositif présidentiel. La presse israélienne ne s’y est s’ailleurs pas trompée, qui a accueilli la nouvelle avec enthousiasme. Le journal Maariv le présente comme « notre homme à la Maison Blanche ». >« Il va influer sur le président pour qu’il soit pro-israélien. Rahm peut-il laisser sa conscience hors de la Maison-Blanche ? », a déclaré son père, Binyamin, au quotidien.

En 1997, Rahm Emanuel a lui-même effectué une courte période de service militaire en Israël. Durant la période qui a précédé l’intervention dans le Golfe de 1991, il s’est porté volontaire auprès d’un bureau de recrutement de l’armée israélienne. Il a ensuite servi pendant deux mois au sein d’une unité chargée de la réparation des blindés près de la frontière libanaise, selon les quotidiens israéliens Haaretz et Maariv. Très pieux, Rahm Emanuel a tenu à obtenir, lors de l’examen du plan Paulson, une dispense de son rabbin pour pouvoir travailler en pleines fêtes du nouvel an juif de [Rosh Hashana]

Tous deux élus de l’Illinois, Rahm Emanuel et Barack Obama fréquentaient les mêmes cercles politiques à Chicago. Les deux hommes se sont rapprochés lorsque Barack Obama est arrivé à Washington, en 2004, après avoir été élu sénateur. Entré à la Chambre des représentants en 2003, Rahm Emanuel est lui-même élu député démocrate de l’Illinois en novembre 2008. En acceptant l’invitation à la Maison-Blanche de son ancien collègue, il va retrouver des lieux qui lui sont familiers, puisqu’il fut de 93 à 98 conseiller politique de Bill Clinton et son très efficace collecteur de fonds pendant les deux campagnes présidentielles du candidat démocrate. Rahm gagne à cette période le surnom de « Rahmbo » et récoltera la somme record - à l’époque - de 72 millions de dollars. Ce trésor de guerre permet à Bill Clinton de balayer ses adversaires à la primaire démocrate et de survivre aux scandales qui éclatent lors de sa campagne de 1992. « Nous n’aurions jamais rien pu accomplir sans lui », déclara le 42e président américain. Rahm Emanuel fit encore beaucoup mieux avec Barack Obama, amassant la somme astronomique de 650 millions de dollars« Rahm est le golden boy de son parti, il a su choisir les bons candidats et trouver l’argent », reconnait-on du côté républicain. D’autres avouent plus crûment : « Rahm smelled blood. He latched on like a pit bull and never let go »

Un secrétaire général qui a le goût du sang, se jette sur ses proies comme un pit bull et ne les lâche jamais… John Boehner, chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, a aussitôt ironisé sur le choix d’un président « qui a promis de changer Washington et de rendre la politique plus courtoise…»

Source:

http://fr.novopress.info/?p=14038



Posté par Sepo à 19:11 - Actualité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 novembre 2008

Paysage, ou le pouvoir de suggestion da la mélancholia

Intitulé "Paesaggio", par sa qualité de composition, elle est remarquable:
http://www.flickr.com/photos/mv9/2753510212/in/pool-tarkovsky
2753510212_688972f085

Posté par Sepo à 23:39 - Photographie du jour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 novembre 2008

Une chance pour l'Amérique ?...ou pour Israël ?

obamaaipac_001Les Etats-Unis sont-ils maîtres de leur politique étrangère ?

"Je suis fier d’appartenir à ce puissant courant consensuel, réunissant Démocrates et Républicains, qui se tient au coté d’Israël face à toutes les menaces. C’est un engagement que McCain et moi-même partageons, car le soutien à Israël dépasse les considérations partisanes dans ce pays."

"Je me dresserai toujours, dans l’enceinte de l’ONU et dans le monde, pour soutenir le droit d’Israël à se défendre."

"Permettez moi d’être clair : la sécurité d’Israël est sacro-sainte. Elle est non négociable."

«Et Jérusalem doit demeurer la capitale d'Israël, et doit rester unifiée.»

Discours adressé à l’American Israeli Public Affairs Committee, 4 juin 2008
Vidéo:
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/videos/20080605.OBS7204/le_discours_de_barack_obama_a_laipac.html

obamaisraelkw8

Posté par Sepo à 09:52 - Etats-Unis - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1  2   Page suivante »