31 mars 2009
Brasillach:centenaire de sa naissance
Robert Brasillach est né le 31 mars 1909, les murs de Rome se recouvertes d'affiches en son souvenir à l'initiative de Casa Pound. Merci à ses admirateurs italiens.
« Hommage a ainsi été rendu au poète français, auteur d’œuvres
inoubliables telles que les Poèmes de Fresnes et Notre avant-guerre,
assassiné le 6 février 1945, en tant qu’artiste irrévérencieux et
génial et que politique avisé et clairvoyant, mais aussi, et peut-être
surtout, par pur hasard. Nous aurions aussi bien pu nous parer des
effigies de Nietzsche, Bouddha, Evola o Debord, outrager la barbe de
Marx, vénérer le crâne chenu de Lombroso : il n’est pas exclu qu’on le
fasse un de ces quatre matins. A ceux qui nous demanderons pourquoi
tout ça, pourquoi le hasard, l’irrévérence et le goût pour la boutade
en tant que forme d’art, nous répondrons : “parce que c’est rigolo”. En
revendiquant le “beau geste” [en français dans le texte - NdT], nous
annonçons par conséquent l’émergence du Chaos primordial des
Turbodysnamistes, artistes moqueurs autoproclamés fils de tous et de
personne », précise encore le communiqué.
Source: http://fr.novopress.info/?p=16167
http://www.casapound.org/
Quand la gare crée la banlieue:Saint-Lazare
"Paris - Quinze promenades sociologiques", Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot, 2009 donne une approche de Paris mi-touristique mi sociologique qui souvent appréhende rationnellement ce que nous ressentons intuitivement. En usager quotidien de la gare Saint-Lazare, on apprécie ce passage p.89/90:
"La disproportion entre Paris et ses faubourgs n'a pu prendre autant d'ampleur que dans la mesure où chaque jour près d'un million d'actifs viennent travailler à Paris en empruntant divers modes de transport, dont le train. En 2005, 1 650 000 personnes exercent un emploi dans la capitale, ce qui représente 31 % de l'emploi régional. Ces emplois ne sont pas réservés aux Parisiens. Ceux-ci sont d'ailleurs 277 000 à aller travailler chaque jour en
banlieue, tandis que 871 000 banlieusards viennent quotidiennement
travailler à Paris. La capitale se vide chaque soir, se remplit chaque matin et les distances parcourues sont de plus en plus grandes. Certains quartiers du 8e arrondissement, du 9e, du nord du 16e, sont déserts après la fermeture des bureaux. Les différents réseaux de transports réalisent, dans la région Ile-de-France, un tel maillage que paris ne peut être pensé seul à l'intérieur de son boulevard périphérique. La ville est devenue le coeur d'une région dont elle ne représente plus que 19,4 % de la population, soit un Parisien pour 4 banlieusards.
30 mars 2009
Déclin de la vie nocture à Saint-Germain-des-Prés
Eric Neuhoff évoquait littérairement ce déclin dans "Les Insoumis", on a ici une description sociologique dans "Paris - Quinze promenades sociologiques", Pinson, Payot, 2009 de ce phénomène p.47:
"En revenant vers la rue de Rennes, on ne peut manquer l'Emporio Armani qui occupe à l'angle du boulevard Saint-Germain l'emplacement d'un drugstore et d'un cinéma. La boutique de prêt-à-porter du couturier milanais offre, depuis1998, un style délibérément jeune et show-biz qu'incarnent les vendeurs et les vendeuses que l'on hésite à à désigner par des termes communs. Le drugstore, ouvert tard dans la nuit, assurait un va-et-vient incessant. La fermeture d'Armani à 20 heures contribue au déclin de la vie nocturnedu quartier qui est dû à l'abscence de bistrots et de restaurants bon marché."
29 mars 2009
Estampie: découvrir le folk-médiéval allemand
Estampie ( nom d'une danse médiévale) est un groupe allemand né en 1985. La qualité musicale, l'intensité vocale du groupe l'imposent comme l'un des groupes phares de musique folk. "Chanterai por mon corage" est une reprise d'une chanson de 1190 écrite par Guiot de Dijon, l'interprétation vocale est de toute beauté:
Vidéo de "Chanterai por mon corage"
http://www.youtube.com/watch?v=G0deLlbNezQ&hl=fr
Site du groupe (seulement en allemand):
http://www.estampie.de/
Cossery à Saint-Germain-des-Prés
"Le Flore faisait partie du "Cossery Tour", la promenade régulière de cet écrivain d'origine égyptienne qui est mort en 2008, à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans dans la chambre de l'hôte Louisiane, rue de Seine, où il s'était installé depuis plusieurs décennies. Écrivain reconnu, original et radicalemnt étranger à toute forme de luxe ou de vie bourgeoise, c'est avec lui l'un des derniers pans du sain-Germain-des-Prés chanté par Gréco ou mouloudji, rêvé par des générations de lycéens provinciaux, qui disparaît, abandonnant le terrain aux touristes argentées, aux marchands de luxe et à une bourgeoisie sage et établie."
"Paris - Quinze promenades sociologiques", Pinçon, Payot,2009
Pour en savoir plus sur Cossery:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Cossery
28 mars 2009
Les Vivants et les Ombres: une épopée centre-européenne
Sorti en août 2007, "Les Vivants et les Ombres" de Diane Meur chez Sabine Wiespieser évoquait les destinées d'une
famille polonaise le long du XXe siècle dans la région de Galicie alors sous autorité habsbourgeoise. La chronique intime se donnait un narrateur très particulier, c'est en effet la maison qui est au chevet de cette famille, et c'est elle qui progressivement livre les secrets les mieux défendus. Les soubresauts d'un siècle mouvementé se reflètent dans les déambulations de cette histoire familiale, c'est la petite histoire qui apporte son éclairage sur la grande. La sortie en format Poche depuis le 4 mars est une occasion pour s'immerger dans cette tranche de vie polonaise
Ouverture du roman:
"Sur l'arrière il ya le parc, les champs. Les jours d'été, une brume de chaleur voile les collines et au-dessus des blés l'air tremble, habité de guêpes et de papillons. Il y a des fermes aussi, dont les toits descendent si bas qu'à l'herbe haute, quand je n'en aperçois plus les fenêtres ni les portes, elles semblent de chastes jupes dont s'élève, en guise de torse, une mélancolique fumée."
Résumé du livre:
En Galicie, terre rattachée à l'Empire habsbourgeois depuis le partage de la Pologne, l'obscure famille Zemka reconquiert le domaine fondé par leur ancêtre et s'engage fiévreusement dans la lutte d'indépendance polonaise. Pour retracer l'ascension et la décadence de cette famille, c'est la maison épiant ses habitants qui raconte, des révolutions de 1848 jusqu'au seuil du XXe siècle.
26 mars 2009
Paradoxe luciférien selon Kundera
"Voici le paradoxe luciférien: si une société ( par exemple, la nôtre) dégorge violence et méchanceté gratuites, c'est que la vraie expérience du mal, du règne du mal, lui manque. Car plus cruelle est l'Histoire , plus beau apparaît le monde du refuge; plus ordinaire est un événement, plus il ressemble à une bouée de sauvetage à laquelle les "échappés"s'accrochent."
"Une Rencontre", Milan Kundera, Gallimard, 2009, p.47
Bacon ou l'exploration des limites du "moi"
. Chaque Kundera est un florilège d'intelligence, "Une rencontre", Gallimard, 2009, p.22, n'échappe pas à la règle. Envoyez la musique:
" (...) les portraits de Bacon sont 'interrogation sur les limite du "moi". Jusqu'à quel degré de distorsion un individu reste-t-il encore lui-même ? Jusqu'à quel degré de distorsion un être aimé reste-t-il encore un être aimé ? Pendant combien de temps un visage cher qui s'éloigne dans la maladie, dans la folie, dans la haine, dans la mort, reste-t-il encore reconnaissable ? Où est la frontière derrière laquelle un "moi" cesse d'être moi" ?"
Saint-Germain-des-Prés, ou la poésie évanouie
"Les Insoumis" d'Eric Neuhoff, Fayard, 2009 évoque p.19 la dépoétisation du lieu en une superbe séquence:
"Adieu, cette époque démodée. A Saint-Germain-des-Prés, un couturier italien a remplacé le vieux drugstore Publicis où l'on
pouvait acheter, à l'heure où les ombres comme les promesses sont démesurées, des romans de Monique Lange, une bouteille de gin, des 33 tours de Rickie Lee Jones. Il y avait moyen d'offrir un bijou à sa dame de ses pensées en sortant d'un dîner chez Lipp. On a construit des couloirs de bus qui créent d'invraisemblables embouteillages. La mairie de Paris loue des vélos métallisés qui zigzaguent sur la chaussée. Le commissariat de la rue de l'Echaudé amis la clé sous la porte. C'était pourtant bien, c'était quelque chose de pouvoir finir au poste. La nuit était faite pour le plaisir, les tentations, les chimères. Ils viennent même d'ouvrir un restaurant japonais casher fermé le vendredi ! Aujourd'hui, à dix heures du soir, le quartier évoque la ville de Châteauroux en hiver, un mardi de février. Les enseignes de multinationales ont tué les mirages. La nuit n'a plus droit de cité. Maintenant, les journées ont vraiment vingt-quatre heures. Cela repire l'argent et l'ennui. Les journaux sont remplies de mille niaiseries. A la télévision, la bêtise prend toute la place. de faibles lueurs clignonetnt derrière les vitres du Flore. Des garçons en tablier regardent ler montre. Des clients fument debout sur le trottoir, piétinant sur place à cause du froid. Aucun clochard n'arrête les rares passants pour leur demander un euro. Plus le moindre éphèbe monté de province, enfui de sa banlieue et prêt à tout pour ne pas y revenir, tapinant au bas de la rue de Rennes. De pauvres touristes errent, leur plan déplié à la main. On leur a menti. Ils croyaient atterir dans un tourbillon alcoolisé. Les voici, penauds, dans un dessin de Sempé. La société moderne a assigné l'extravagance à résidence. Le troisième millénaire s'annonce gris. Il ne sera ni en noir et blanc, ni en couleurs: il sera, oui, gris. Ce siècle, on l'aimerait moins inhabitable. Il n'y a plus d'école du soir. Nous sommes tous des Monsieur Jadis."
25 mars 2009
Chant de la terre lituanienne
MA TERRE
Je marche le long du Nemunas, sur ma berge natale,
Casquette à la main et bâton de tremble.
La neige tombe blanche des merisiers
Tombe sur mes épaules,
La brume bleutée s'écoule le long du gué.
Le soleil, rouge comme une cloche de cuivre,
S'est noyé dans l'eau - on ne peut l'en tirer.
Seules les étoiles, ces étoiles !...
Comme épis d'orge
Brasillent dorées sur l'eau paisible.
Je m'arrête en plein silence. Retenant mon souffle
J'écoute chuchoter la fraîcheur du soir,
La nuit qui étouffe
La feuille du muguet,
La rosée qui tombe en éclats sur la terre.
J'écoute craqueter les insectes, respirer les fleurs,
S'élancer la pousse de l'arbre,
Chanter l'eau
Bleue d'étoiles,
L'ombre verte chuchote mystérieusement...
La voici, ma terre ! Pour moi c'est la plus belle.
Elle m' élevé, m'a consolé.
Debout sur la berge,
J'écoute le silence
Les mots que me murmurent les étoiles du Nemunas doré.
Eduardas Miezelaitis, revue Europe, n.763-764, nov.déc 1992, p.153
Né en 1919 dans le village de Kareiviskiai, fils de paysans pauvres, il publie ces textes dès 1935. Encore lycéen, il adhère au parti communiste - alors clandestin - dont les principaux dirigeants se trouvent en prison.
Réfugié en Russie pendant l'occupation allemande, il devient après la guerre le chantre du socialisme lithuanien. Comme tous comaptriotes, indépendamment de leurs politiques, il exalte l'amour de la terre natale, du paysage, de la nature, et s'attache aux valeurs et aux traditions de son pays.



