29 avril 2009
Napoléon fataliste
"Napoléon a toujours été fataliste. Le 2 septembre 1816, évoquant l'apogée du règne, il fait cet aveu à Las Cases: "Je voyais clairement arriver l'heure décisive. L'étoile pâlissait, je sentais les rennes m'échapper, et je n'y pouvais rien." Prescience de la catastrophe à laquelle il faut opposer l'admirable phrase du début, quand il était à vingt-cinq ans général de l'armée d'Italie: "Je voyais déjà le monde fuir sous moi, comme si j'étais emporté dans les airs." La confidence faite une fois de plus à Gourgaud date de 1817. Instantané qu'on pourrait presque qualifier de stendhalien, tant la fusion de la lucidité et du rêve répand une traînée lumineuse. Éclair qui traverse les mornes journées et irradie soudain la lourde opacité de Longwood. Tout y est. L'acceptation du risque, le bonheur déployé à perte de vue, la grande chevauchée de l'aventure. Pégase s'envole, il prend le mors aux dents, le destin s'emballe..."Je sentais les rênes m'échapper et je n'y pouvais rien."N'avait-il pas avoué un jour à las cases:"On peut donner une première impulsion aux affaires; elles vous entraînent."
138/139, "La chambre noire de Longwood"(1997), Jean-Claude Kauffmann, Folio (1998)
28 avril 2009
Nécessité de l'aveu dans le communisme
"Personnellement, et entre bien autres choses, je dois à Miłosz d'avoir compris l'importance réelle de l'aveu dans la discipline totalitaire. On s'est demandé pourquoi dans les procès de Moscou, de Budapest, de Prague et d'ailleurs, les procureurs mettaient tant d'acharnement à obtenir que les accusés se chargent de fautes qu'ils n'avaient pas commises. Pourquoi surtout leur fallait-il persuader leurs accusés et le monde entier qu'ils demeuraient quelque part coupables. C'est Miłosz qui le premier montre que , pour que ce mensonge devienne vérité, il était indispensable qu'il fût confirmé avec éclat par les victimes eux-mêmes. C'est l'aveu de l'accusé qui sacralise l'autorité du tyran."
p.303-304, "Les miens", Jean Daniel, Grasset, 2009
27 avril 2009
Mgr Zimowski s'exprime sur son ami, le pape Benoît XVI
Un témoignage à lire dans son intégralité tant la personnalité du Saint-Père est déformé par la caricature:
http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=2504093_mgr_zimowski
"- Et comment le Cardinal Ratzinger priait-il?
- C'est un homme de profonde prière. J'ai remarqué qu'il aimait surtout la
prière des Psaumes. Il s'arrêtait souvent, absorbé dans la prière du
bréviaire.
Il disait la messe chaque matin. La seule personne qui y participait
(au début) était sa sœur: une femme simple, modeste. Je me
souviens combien il prenait soin d'elle, la guidant dans Rome. Sa mort
soudaine a été un grand choc pour lui. Elle s'était rendue sur les tombes
familiales, et est décédée subitement (le 2 novembre 1991,
ndt). Il l'a supporté avec une grande foi - il avait écrit un
livre sur l'eschatologie, après tout - mais vous avez pu voir combien il a
souffert.
Moi aussi, je disais la messe tous les jours, et tous les jeudis le Cardinal
venait à la fin de la messe. Il a toujours été à l'heure pour la
bénédiction. Il rangeait son bréviaire et faisait un signe de la croix.
Au début cela m'intimidait: moi, un simple prêtre, bénir le Préfet de la
Congrégation en personne. Mais maintenant je suis fier du fait que, pendant
une dizaine d'années, une fois par semaine, j'ai béni le futur pape. "
26 avril 2009
Mélancolie de Napoléon
"La mélancolie de Napoléon cache un deuil très ancien."Toujours seul, au milieu des hommes, je rentre pour rêver avec moi-même, et me livrer à toute la vivacité de ma mélancolie. De quel côté est-elle tournée aujourd'hui ? Du côté de la mort." Ces lignes datent de 1786 lorsqu'il était lieutenant."
p.140, "La chambre noire de Longwood"(1997), Jean-Claude Kauffmann, Folio (1998)
25 avril 2009
Gros, peintre de la mélancolie napoléonienne
"Le visage de Napoléon a la même expression intensément absente que dans Le Cimetière d'Eylau, première figure de la mélancolie napoléonienne que le baron Gros a saisie avec tant de profondeur. Les yeux plafonnent étrangement, le blanc du globe oculaire souligne la fixité hébétée du regard. "C'est le portrait le plus magnifique et assurément le plus exact qu'on fait de lui", prétend Delacroix. En tout cas, c'est le plus inquiétant. Gros ne dévoile qu'une partie du secret. A mots couverts, il nous livre quelques signes de la tristesse impériale. Le mystère de Saturne à cheval. Tandis que qu'au loin l'incendie s'achève de consumer Eylau, Napoléon étend sa main gantée sur le champ de bataille. Le ciel est sombre, des tourbillons de fumée s'élèvent de la plaine éteinte. Chez un peintre, c'est toujours la lumière qui signe le tableau. Tout est noir dans cette toile. La neige pareille à de la suie, le visage blême de l'Empereur mangé par une barbe charbonneuse. Cette figure paraît brûlée de l'intérieur"."
p158-159, "La chambre noire de Longwood"(1997), Jean-Claude Kauffmann, Folio, 1998
23 avril 2009
Lénine orienté vers Moscou,1958, station arctique
20 avril 2009
Carte de membre du parti communiste: Staline
19 avril 2009
Mgr Williamson sur la nature du mondialisme
"Le capitalisme lancé en Angleterre par la fondation dans 1694 de la
première Banque centrale d’une nation s’effondre autour de nos
oreilles. Les capitalistes du chaos qui jusqu’à maintenant faisaient
sauter n’importe quel gouvernement qui se heurtait à la libre
entreprise, prient le gouvernement américain de renflouer leurs
banques. Ainsi le capitalisme, qui s’est fait “trop grand pour
échouer”, est maintenant, assez sûr pour subir une mutation dans le
contrôle gouvernemental, étant athée et matérialiste, il s’élève au
communisme !"
http://dinoscopus.blogspot.com/2008/08/la-la-landslide-ii.html
18 avril 2009
Sacrifice de Louis XIII
"Le sacrifice de Louis XIII est l'un des plus curieux exemples d'une volonté qui, sous le masque du silence et de l'indifférence, se cherche, se découvre et, en pleine maîtrise d'elle-même, trouve sa plus haute expression dans l'étroitesse des limites qu'elles s'est fixées. L'Histoire doit beaucoup à Luynes, son premier confident, pour avoir aidé le souverain dans cette ascension secrète et rapide et, au cours d'une très brève carrière, l'avoir engagé dans une politique de redressement que le roi n'abandonna plus."
p.224, "Grandeur et misère de l'indidualisme français à travers l'histoire"(1957), Duc de Levis Mirepoix, Perrin, 1973






