Vu de La Frette

Un Gallo-(catholique)romain du Val d'Oise, des citations pour nourrir le fil des jours

27 mai 2009

Aymé, témoin d'une exécution publique

guillotine    "L'entrée du boulevard Arago était barré par de nombreux cordons de police et il me fallut montrer plusieurs fois mon laissez-passer. je finis par déboucher sur un grand espace vide encadré par des pelotons de gardes à cheval, des piquets d'agents et de gardes à pied. C'était là. En me dirigeant vers le groupe de journalistes, je vis surgir devant moi, entre les feuillages des arbres du boulevard, la haute et fine silhouette de la guillotine avec son œil rond barré par la paupière du couperet. Les aides, sous la direction du bourreau tout de noir vêtu, s'affairaient autour de la machine. Le jour commençait à se lever. Je me sentais beaucoup moins à l'aise que l'instant d'avant sur le  boulevard Saint-Michel.
(...)
" Avant que les aides du bourreau ne se saisissent de sa personne, il s'est entretenu une minute ou deux avec son avocat et avec l'aumônier. de nouveau, sa physionomie s'animait, son regard brillait d'amour et de douceur et il avait un sourire de pardon. Il nous pardonnait. je souhaite d'avoir cette tête-là, sur le lit de mort, à tous les juges ayant condamné un pauvre homme qui a coupé sa femme en morceaux."

p.252-253, "Arts 1952 1966 La culture de la provocation", Tallandier, 2009, reprise de l'article de Marcel Aymé"Une tête qui tombe" du 10 avril 1952

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En sortant de la gare d'Austerlitz avec Antoine Blondin

   

2164157634_3f79e84b1f "Sous des dehors assez minables, la gare d'Austerlitz vous offre au débotté un grand pan du jardin des Plantes, le métro aérien, les berges de la Seine, hérissées encore d'un taillis de grues picorantes. La pierre, l'eau, le métal et cette verdure, discret rappel, contribuèrent à mon enchantement."

p.290, "Arts 1952-1966 La culture de la provocation", Tallandier, 2009, reprise de l'article d'Antoine Blondin "Pâques dans Paris déserté", 13 avril 1955

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Roger Vailland, la création face à l'Histoire

      Pour présenter Roger Vailland, on se rappelle le mot d'un autre Roger; Nimier :" Le meilleur écrivain français d'extrême gauche est aussi celui qui plaît le mieux aux réactionnaires sensibles." Les éditions Tallandier nous livre une savoureuse anthologie de la revue "Arts 1952-1966 La culture de la provocation" (2009). Sous le titre Qu'est-ce qui vaut la peine de vivre ?, écrit le 11 mars 1959, les reflexions de Vailland sur la création et l'Histoire restent pertinentes (p.340):

2000_DOC_RogerVailland   "Le propre de l'Histoire, c'est de détruire les formes anciennes au profit de formes nouvelles, et la plupart des hommes, dans leur courte vie, n'ont pas la perspective nécessaire ( ni le don) pour distinguer la forme qui est en train de s'effacer, pour donner un nom à celle qui est en train de prendre contour. Seule l'oeuvre d'imagination se dresse au-dessus du flot, lui fait front, l'oblige à se nommer."
    (...)
    "ainsi, me demanderais-je, ne serait-ce pas une sottise que de prétendre se mettre au service de l'Histoire, comme le voulurent tant d'écrivains de notre temps (dont moi-même) ? Notre histoire, et l'Histoire n'existent qu'au passé, elles sont passées; au futur, elles n'existent pas encore. Pour nous autres hommes d'imagination, l'Histoire ne peut être qu'un matériau avec quoi nous essayons de faire de l'éternel présent. Nous n'avons pas à la servir, mais à l'utiliser."

    On ne résiste pas à conclure sur le portrait de Vailland dressé par Brasillach:

713143951_L"Je me rappelle un garçon au visage osseux, aux cheveux longs, volontiers porteur d'une pèlerine qui lui donnait un air byronien: il commença un jour, dans le couleoi qui menait à la classe d'André Bellessort, à me parler de poésie. Nous avons presque tous eu des camarades de ce genre. Il ne devait rester qu'un an et demi avec nous, avant d'aller terminer une licence de philosophie à la Sorbonne, et de s'aiguiller ensuite sur le journalisme. C'était Roger Vailland, à coup sûr un des personnages les plus extraordinaires de notre classe.(...) Il était le Lafcadio de Gide incarné pour nous, et bien qu'il soit rare d'admirer quelqu'un de son âge, il est exact que nous l'admirions. D'ailleurs, plein d'une séduction vraie, d'un talent réel, plus proche de Baudelaire que des erreurs surréalistes, il aurait pu, à n'en pas douter, traduire bien des mondes inconnus en des accents saisissants."

p.51, "Notre avant-guerre", Livre de poche (1992), Robert Brasillach

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26 mai 2009

Renaissance catholique et monastique en Norvège

Un défi lancé par quatre trappistes de l'Abbaye de Cîteaux (qui n'avait entrepris de fondation depuis le XVe siècle): la fondation d'un monastère à Munkeby (à proximité des ruines de l'ancien monastère), sur la route du tombeau de saint Olaf (roi baptisé à Rouen) à Trondheim. En cette période d'élection européenne, c'est évidemment cette Europe qui nous tient à coeur.

http://www.munkeby.net/francais/index.html

800px_"Quand l'évêque catholique de Trondheim (notre diocèse en Norvège) est venu en juin 2007 à Cîteaux. Il nous a dit que la vie religieuse et monastique, avait un rôle spécial à jouer dans l'évangélisation. Pour nous cela pourra passer par l'accueil à notre liturgie et une petite hôtellerie pour des séjours de retraite et plus encore par une vie simple de prière et de travail. L'évangélisation par la vie monastique est donc spécifique. En Norvège, à part la petite communauté du P. Robert dans le Télémark, il n'y a pas de moines. Ce pays, comme beaucoup de pays d'Europe, qu'ils soient à majorité catholique ou protestante, est fortement sécularisé avec une très faible pratique religieuse. La mentalité matérialiste, n'empêche pas une soif spirituelle et une recherche au plan religieux, parfois anarchique. Il y a donc une attente réelle."

"Frère Cyrille (81 ans), Frère Bruno (33 ans), Frère Arnaud (31 ans) et Frère Joël (55 ans) ont été choisis pour vivre cette aventure. Nous vous demandons de les aider par vos prières et vos dons."

Sur les traces de Saint Olaf, le chemin de Compostelle scandinave:

http://www.trondheim.com/pelerinage

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25 mai 2009

Découvrir Riga: une photographie par jour

    Capitale de la Lettonie, Riga est une perle architecturale de la Baltique, un blog donne un aperçu particulièrement vivant de cette ville. Les lieux de sortie, ce qui se construit, ce qui se détruit, la partie vitrine et ses arrières plans délaissés, une photographie pour prendre le pouls de cette ville de notre héritage européen. A l'abri des clichés touristiques.

http://riga.in/

gypsy_house

Maison des gitans












zakusala

Ile du lièvre                                                                     

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23 mai 2009

Une communauté monastique à Chérence

                                  

cherence5La Congrégation des Moines Bénédictins de Notre Dame d'Espérance, dont un des aspects est de mener la vie cénobitique devant et pour les hommes en organisant cette vie en fonction des malades et des handicapés, a ouvert voici en 1987 le Prieure St-Benoit à Chérence près de La Roche-Guyon, dans les murs d'une ancienne ferme.

                          Prieuré  St Benoît
                    1, rue Coursoupe
                    95510 Chérence
                    Tél : 01 34 78 12 61 - Fax : 01 34 78 27 93
http://www.notredamedesperance.com/fr/page04-05.html

"La particularité de cette communauté est qu'elle est formée d'une douzaine d'hommes qui n'auraient pas pu réaliser leur vocation dans une abbaye classique en raison de leur handicap. Ces religieux font partie de la congrégation Notre Dame d'Espérance, fondée en 1966, par le Père Henri Guilluy, bénédictin de l'abbaye St Paul de Wisques. Voyant que certaines personnes qui avaient la vocation à la vie monastique mais étaient atteintes d'une infirmité ou d'une maladie chronique étaient considérées comme inaptes, il s'est dit: pourquoi ne pas créer pour elles une congrégation adaptée à leur condition."
"Le nombre des moines dépasse rarement la douzaine par prieuré, pour conserver l'ambiance familiale nécessaire à l'épanouissement de chacun. Chaque prieuré est indépendant et doit se suffire à lui-même. L'équilibre financier est obtenu grâce aux retraites, aux pensions d'invalidité et par le travail des moines: culture, petit élevage et travaux d'artisanat pour la vente à l'extérieur. A Chérence, Frère Hugues fabrique des vitraux... Le Père prieur n'est pas sans soucis matériels: les bâtiments sont vétustes avec 1 1000 m2 de toiture, une clôture à refaire, ne serait-ce que pour se mettre à l'abri des incursions de rôdeurs. Chérence est un de ces lieux de silence et de paix aujourd'hui bien connu. Il arrive que des personnes viennent de la ville pour un temps de repos ou de retraite. Ce pourrait être une source de revenus. Mais le prieuré ne peut recevoir plus de deux personnes en raison du manque de place et de la charge qui s'en suivrait pour ces hommes qui peinent déjà à assurer leur quotidien. "
http://www.catholique95.com/actualites/presentation.php?identifiant=000cherence


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22 mai 2009

Sarraute à Clérence

   

547267859_37c4121ba2   De retour de Giverny, après une halte pique-nique sur la route des crêtes qui surplombe La Roche-Guyon, nous marquons l'arrêt à Clérence, guidé par le souvenir littéraire de Nathalie Sarraute,  née Natacha Tcherniak  en 1900 à Ivanovo-Voznessensk, à 200 kilomètres de Moscou, d’un père chimiste et d’une mère écrivain. En 1949, elle achète une maison 12 rue de l’Église. Pendant quelques années, elle écrit le matin attablée au bistrot de Vétheuil -aujourd’hui disparu- où elle se sent "comme en voyage", déclamant ses phrases à mi-voix pour vérifier qu’elles sonnent juste. De nombreuses pages de Martereau et du Planétarium sont conçues ici. Nathalie Sarraute décède à Paris le 19 octobre 1999, juste avant d’atteindre un nouveau siècle. Elle est enterrée à Chérence.
Elle aime aussi marcher jusqu’à la ferme du Chesnay et au moulin de Fourges, de l’autre côté de l’Epte, ou admirer les rives de la Seine entre Vétheuil et La Roche-Guyon.

Sur les pas de l'écrivain sur ce site remarquable:
http://www.terresdecrivains.com/Nathalie-SARRAUTE

                                     "J'ai découvert Chérence par hasard. Avec mon mari, nous roulions en voiture dans la région et, en longeant ce village, j'ai vu une magnifique croix 543888397_0b6f9c3127sur la route. Je savais que c'est ici que je vivrais. La maison, que j'ai aimée tout de suite, était habitée par une vieille dame. Trois mois seulement après notre visite, elle nous la vendait."

"Plus que de l'amour, j'ai l'impression d'y avoir pris racine. D'ailleurs ma place au cimetière est déjà toute prête, à côté de mon mari."

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21 mai 2009

Vatican: un hors-série indispensable

figarohorsseriehttp://selection.lefigaro.fr/article-vatican-au-coeur-de-la-cite-interdite-0-5-177.html

"Le Vatican peut être l’un des plus petits Etats de la planète : Michel-Ange l’a couvert de ses chefs-d’oeuvre, Bernin y a donné libre cours à sa fantaisie décorative, Galilée y a participé à la fondation de la première Académie, Grégoire XIII y a institué le calendrier avec lequel nous comptons les jours de notre vie. Stendhal y a peint des prélats intrigants chuchotant d’inavouables secrets entre deux bouchées de pâtisserie. Zola y a dénoncé les fabricants d’opium du peuple dans un style qu’on croirait celui d’un rapport d’expertise. Gide y a mis en scène la plus drolatique de ses plaisanteries. Comme toutes les merveilles du monde,le Vatican est encombré de clichés."

Une excellente occasion pour aiguiser notre désir du Ciel en cette fête de l'Ascension.

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20 mai 2009

Maison natale d'Adam Mickiewicz

Adam Mickiewicz naquit le 24 décembre 1798 à Nowogrodek, Lituanie. A partir du XVe siècle, la Pologne et la Lituanie étaient liées d’union et, pendant des siècles, constituaient un tout, un très vaste Etat. Depuis la fin du XVIIIe siècle, la Lituanie faisait partie de l’annexion russe. Adam Mickiewicz est unanimement considéré comme le plus grand des poètes polonais.

8035898Poète polonais, chef de file des romantiques, faisant partie de la triade traditionnelle des wieszcz (« chantres-prophètes »). Son impact exceptionnel sur la culture non seulement de la Pologne, mais de la plupart des pays de l’Europe du Centre-Est, est dû autant à son génie poétique qu’à l’Histoire.

Né près de Nowogrôdek en Lituanie (actuellement en Biélorussie), et ayant fait ses études à Wilno (aujourd’hui Vilnius), Mickiewicz est l’héritier de la tradition culturelle de l’ancienne République polonaise multinationale et multiconfessionnelle, où se côtoyaient les Polonais, les Lituaniens, les Ukrainiens, les Biélorusses et les Juifs.

http://www.pays-baltes.com/Poete-polonais-Adam-Mickiewicz-est,701.html

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18 mai 2009

A propos d'une certaine tentation traditionaliste

Paru dans le n°1431 de l' "Homme Nouveau" du samedi 25 octobre 2008, les paroles Mgr Gilles Wach, prieur et fondateur de l'Institut du Christ-Roi:

   

gt200710193"Il ne faut pas se confier en nos forces personnelles. Si nous pensons que c'est nous qui allons sauver l'Eglise, que c'est nous qui sommes indispensables pour sauver l'Eglise, nous avons là des idées folles qui nous portent immanquablement à la mort, car nous croyons que nous sommes des sauveurs indispensables, en un mot: que nous sommes l'Eglise."

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