Entre le 24 juin 1936 et 1939, George Bataille lance la revue Acéphale. Jusqu'en 1939, la revue connaît cinq numéros.Au fil des numéros, on retrouve notamment  Roger Caillois, Pierre Klossowski, André Masson (dessins), Jules Monnerot, Jean Wahl.  En plus de la revue se développe une société ésotérique et secrète décrite ici par Onfray:

Revue Acéphale: http://fr.wikipedia.org/wiki/Ac%C3%A9phale_%28revue%29

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"Et puis, le plus célèbre, mais aussi le plus celé, un rite d'un genre sadien, sinon sadique: aller séparément de la gare Saint-Lazare à celle de Saint-Nom-la-Bretèche, en pleine forêt, seul, en silence, de nuit, pour se retrouver au pied d'un chêne foudroyé.On brûle du soufre. Avec Bataille, Lacan assiste aux réunions de cette société secrète.Jusqu'ici, tout semble clair. L'obscurité entoure un projet de sacrifice humain sur lequel personne n'a parlé, mais on en connaît assez pour savoir ceci: un texte de Bataille intitulé Le sacrifice du gibbon renseigne sur ce qui fut, peut-être, le projet acéphalique...Une femelle gibbon, ficelée, attachée, se trouve placée dans une fosse la tête en bas; elle offre son anus à la contemplation des participants au rite, nus et passablement" détraqués par l'avidité du plaisir"( dit le texte...); au signal donné par l'officiant, le singe est enterré vivant; les spasmes de la mort par étouffement se manifestent par les contractions anales de l'animal torturé; matières fécales de l'animal, bave et sueur des participants...Bataille, dit-on, aurait voulu le même sacrifice, mais avec un humain. Colette Peignot, la maîtresse de Bataille, aurait accepté - l'un et l'autre se rendaient régulièrement à La Malmaison, sur l'anti-tombe du marquis de Sade. On demanda à Caillois d'effectuer ce geste fatal - il refusa. Ce rite devait fonder une religion - que je dirai sadienne."

p.137138,"La passion de la méchanceté'(2014), Michel Onfray, Autrement