Vu de La Frette

Un Gallo-(catholique)romain du Val d'Oise, des citations pour nourrir le fil des jours

08 décembre 2009

Angélus du mardi 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception

        Diffusé par l'agence Zénith:

http://www.zenit.org/article-22900?l=french

                                                                                                                                                                                    "Le 8 décembre nous célébrons l'une des plus belles fêtes de la bienheureuse Vierge Marie : la solennité de son fetelumieres0611Immaculée Conception. Mais qu'est-ce que cela signifie que Marie est l'« Immaculée » ? Et que nous dit ce titre ? Faisons tout d'abord référence aux textes bibliques de la liturgie d'aujourd'hui, particulièrement à la grande ‘fresque' du chapitre trois du Livre de la Genèse et au récit de l'Annonciation de l'Evangile de Luc. Après le péché originel, Dieu s'adresse au serpent, qui représente Satan, il le maudit et ajoute une promesse : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, / entre ton lignage et le sien : / il t'atteindra à la tête / et tu l'atteindras au talon » (Gn 3, 15). C'est l'annonce d'une revanche : aux origines de la création, Satan semble avoir le dessus, mais l'enfant d'une femme qui lui écrasera la tête viendra. Ainsi, à travers la lignée de cette femme, Dieu lui-même vaincra. Cette femme est la Vierge Marie, qui a donné naissance à Jésus Christ qui, par son sacrifice, a vaincu une fois pour toute l'ancien tentateur. C'est pourquoi, sur de nombreuses peintures ou statues de l'Immaculée, Elle est représentée en train d'écraser un serpent sous ses pieds."

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De la miséricorde selon Jean-Paul II

       En ce jour de l'Immaculée Conception, dans le prolongement de la citation reprise hier, c'est une occasion de revenir sur l'encyclique "Dives in misericordia", datant du 30 nov.1980:
         
christ_misericordieux      IV.6 "La signification véritable et propre de la miséricorde ne consiste pas seulement dans le regard, fût-il le plus pénétrant et le plus chargé de compassion, tourné vers le mal moral, corporel ou matériel : la miséricorde se manifeste dans son aspect propre et véritable quand elle revalorise, quand elle promeut, et quand elle tire le bien de toutes les formes de mal qui existent dans le monde et dans l’homme. Ainsi entendue, elle constitue le contenu fondamental du message messianique du Christ et la force constitutive de sa mission. C’est ainsi que ses apôtres et ses disciples la comprenaient et la pratiquaient. Elle ne cessa jamais de se révéler, dans leur cœur comme dans leurs actions, comme une démonstration du dynamisme de l’amour qui ne se laisse « pas vaincre par le mal », mais qui est « vainqueur du mal par le bien » 69. Il faut que le visage authentique de la miséricorde soit toujours dévoilé à nouveau. Malgré de multiples préjugés, elle apparaît comme particulièrement nécessaire pour notre époque."

V.9 "
Marie est aussi celle qui, d'une manière particulière et exceptionnelle - plus qu'aucune autre - a expérimenté la miséricorde, et en même temps - toujours d'une manière exceptionnelle - a rendu possible par le sacrifice du cœur sa propre participation à la révélation de la miséricorde divine. Ce sacrifice est étroitement lié à la croix de son Fils, au pied de laquelle elle devait se trouver sur le Calvaire. Le sacrifice de Marie est une participation spécifique à la révélation de la miséricorde, c'est-à-dire de la fidélité absolue de Dieu à son amour, à l'alliance qu'il a voulue de toute éternité et qu'il a conclue dans le temps avec l'homme, avec le peuple, avec l'humanité; il est la participation à la révélation qui s'est accomplie définitivement à travers la croix. Personne n'a expérimenté autant que la Mère du Crucifié le mystère de la croix, la rencontre bouleversante de la justice divine transcendante avec l'amour: ce «baiser» donné par la miséricorde à la justice. Personne autant qu'elle, Marie, n'a accueilli aussi profondément dans son cœur ce mystère: mystère divin de la rédemption, qui se réalisa sur le Calvaire par la mort de son Fils, accompagnée du sacrifice de son cœur de mère, de son «fiat» définitif.

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07 décembre 2009

L'homme de la miséricorde: Jean-Paul II

Lu sur le site du Figaro, "La Pologne a déjà béatifié Jean-Paul II":

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/12/07/01016-20091207ARTFIG00325-la-pologne-a-deja-beatifie-jean-paul-ii-.php

3456330201_1233dcf948"Et les Polonais ont suivi. Ils entretiennent aujourd'hui cette foi chrétienne qui paraît naturelle, imbriquée dans la culture et leur vie de tous les jours. Leur catholicisme, loin d'être à genoux, est tout sauf un objet de musée. On peut le réaliser aux portes de Cracovie. Ce lieu, connu aujourd'hui, fut un espace discret de ressourcement pour Karol Wojtyla. C'est un monastère qu'il fréquenta à l'époque où, à deux pas de là, il était ouvrier chez Solvay. Il y a été très marqué par l'enseignement d'une religieuse, sœur Faustine Kowalska, mystique qu'il a ensuite canonisée.

Une des religieuses de la congrégation Notre-Dame de Miséricorde résume le lien avec Jean-Paul II et l'état d'esprit spirituel des Polonais : «Ce dont tout homme a le plus besoin sur terre, nous a-t-il dit un jour, c'est bel et bien la miséricorde. Il a rappelé au monde que Dieu existe et que l'homme ne peut se comprendre sans Dieu. Mais si Jean-Paul II a autant touché, c'est qu'il a incarné, lui, cette miséricorde, ce pardon, pour que les hommes n'aient plus peur de Dieu

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03 décembre 2009

La Bible comme école de dévoilement

 

Bible_placard "La Bible possède un pouvoir comminatoire. On ne peut se contenter de la lire. Vient un moment où le lecteur est obligé de se compromettre. Contraint à soulever lui-même le rideau. c'est sans doute de cette injonction que m'est venue cette passion pour le dévoilement (et les romans policiers). La clé des ces apologues, le sens de ces anecdotes, la portée de ces coups de théâtre sont souvent obscurs et sujets à discussion. La pratique de l'Ancien Testament et du Nouveau testament m'a accoutumé à la recherche de l'intention cachée, laquelle ne peut aboutir au surgissement d'une vérité. Cette manie interprétative née de la mise en demeure biblique 'est pas pour autant un jeu gratuit: derrière l'apparence, chercher inlassablement la preuve, et remonter au plus haut vers l'origine."

p.63, "La Lutte de l'Ange"(Table Ronde 2001), Jean-Paul Kauffman, Folio 2006

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26 novembre 2009

Postérité de Bossuet

Jacques_B_nigne_Bossuet_2    "C'est ce qui fait sa grandeur, c'est ce qui fait aujourd'hui son malheur.(...) C'est un homme de gouvernement: voilà son fort et son faible. Il aura, dans la postérité, la mauvaise fortune qui s'attache ordinairement aux hommes de gouvernement:il a été peu ou mal aimé. Ce qui avait fait son éclat s'est retourné contre lui: dans notre âge de la mort de Dieu, on n'a plus en lui que l'homme sûr de son système et de sa vérité.

Montesquieu, pourtant, le lira, en prendra le contre-pied et lui devra beaucoup - un peu comme Marx doit beaucoup à Hegel dont il renverse le système. Et surtout, admirable interprète des croyances de son temps, défenseur de la tradition pour l'amour de l'éternité, écrivain accordé plus et mieux qu'aucun autre à la splendeur ordonnée des jardins à la française, c'est par la pureté et la puissance de son style que survit Bossuet."

p.747, "Œuvres choisis", Jean d'Ormesson, Bouquins, Robert Laffont 2007

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18 novembre 2009

Pourquoi je suis catholique par Chesterton

Source en anglais: http://chesterton.org/gkc/theologian/whycatholic.htm
Traduction en français trouvé ici: http://nantes.indymedia.org/article/18609
Traduction libre par Jean-Baptiste

Il y a dix milles raisons d'expliquer pourquoi je suis catholique, toutes se résumant en une seule raison : c'est que le catholicisme est vrai ! Je pourrais remplir tout mon espace par des phrases indépendantes les unes des autres, chacune commençant pourtant par les mots " L'Église catholique est la seule chose qui..." Comme par exemple :

*Église catholique est la seule chose qui empêche vraiment un péché de demeurer secret.
*L'Église catholique est la seule chose dans laquelle le supérieur ne peut être supérieur aux autres; de manière hautaine.
*L'Église catholique est la seule chose qui libère l'homme de l'esclavage de son temps.
* L'Église catholique est la seule chose qui parle en vérité; comme s'il elle était un messager authentique refusant d'accommoder un authentique message.
*L'Église catholique est le seul type de christianisme qui regroupe réellement tout type d'hommes; surtout l'homme de respect.
*L'Église catholique est la seule grande tentative de changer le monde de l'intérieur; travaillant de toutes ses forces et non pas par la force; etc...

Aussi bien, je pourrais traiter ce sujet personnellement en décrivant ma propre conversion; mais il se trouve que j'ai le sentiment que cette méthode minimise les choses plus qu'elles ne le sont en réalité. Nombre d'hommes bien meilleurs que moi ont été convertis à de bien pires religions. Je préférerais de beaucoup essayer de dire ici, au sujet de l'Église catholique, des choses qui, précisément, ne peuvent être dites sur ses respectables rivaux. En bref, je dirais principalement de l'Église catholique, qu'elle est catholique... Je préfèrerais essayer de démontrer qu'elle est non seulement plus vaste que moi, mais aussi plus vaste que tout ce qui existe dans le monde; qu'elle est en effet plus vaste que le monde. Cependant, puisqu'en ce court espace je ne peux écrire qu'une partie infime en ce qui concerne ce sujet, je la considérerais dans sa capacité d'être la gardienne de la vérité.

L'autre jour, un écrivain bien connu, et plutôt mal informé, déclara que l'Église catholique est toujours l'ennemie des idées nouvelles. Il ne lui est probablement pas venu à l'esprit que sa propre remarque n'était pas exactement dans sa nature une idée nouvelle. Ceci est une des notions que les catholiques doivent continuellement réfuter, parce que c'est une si vieille idée ! En effet, ceux qui se plaignent que le catholicisme ne peut dire quelque chose de neuf pensent rarement qu'il soit nécessaire de dire quelque chose de neuf sur le catholicisme. En fait, une étude sérieuse de l'histoire montrera que, bizarrement, cela est contraire aux faits. Dans la mesure où les idées sont vraiment des idées, et dans la mesure où de telles idées ne peuvent qu'être par définition nouvelles, les catholiques ont continuellement souffert à les soutenir parce qu'elles étaient réellement nouvelles, parce elles étaient trop nouvelles pour être compris et trouver d'autre soutien qu'eux même. Le catholicisme n'était pas seulement le premier dans ces domaines, mais il était aussi seul, là, où il n'y avait encore personne d'autre pour comprendre ses avancées.

Ainsi, par exemple, presque deux cent ans avant la déclaration d'indépendance et la Révolution française, en un siècle dévolu à la fierté et la louange des princes, le cardinal Bellarmin et l'Espagnol Suarez ont lucidement élaboré l'entière théorie de la démocratie véritable. Cela en un siècle de droit divin. Pour cette raison ils donnèrent l'impression d'être des jésuites sanguinaires et complotants, rampant avec des poignards dans le but d'assassiner des rois. Pourtant les casuistiques des écoles catholiques dirent tout ce qui pouvait être réellement dit sur les problèmes nouveaux de notre époque, deux siècles avant qu'ils ne se soient produits. Ils ont dit qu'il y avait réellement des problèmes de conduite morale chez les gouvernants; mais ils ont eu la malchance de le dire deux siècles trop tôt. À une époque de débats fanatiques et de vitupération libre et gratuite, ils ont simplement réussi à se faire traiter de menteurs car ayant été psychologues avant que la psychologie ne soit à la mode. Il serait aisé de donner de nombreux autres exemples jusqu'à aujourd'hui de ces faits et des cas d'idées qui sont encore trop nouvelles pour être comprises. Il y a des passages de l'encyclique du pape Léon sur le travail (Rerum Novarum, sortie en 1891) qui commencent seulement maintenant à être utilisés comme guides pour des mouvements sociaux plus neufs que le socialisme ! Et quand monsieur Belloc écrivit sur l'état servile, il avança une théorie économique si originale que c'est à peine si quelques personnes ont compris ce dont il s'agissait. Dans quelques siècles par conséquent, d'autres personnes répèteront probablement que l'Église catholique est toujours l'ennemie des idées nouvelles, et ils le répéteront erronément. Et alors, si les catholiques font des objections, leur protestation sera facilement expliquée par le fait bien connu que les catholiques ne s'occupent jamais des idées nouvelles.

220px_GNéanmoins, l'homme qui a fait cette remarque sur les catholiques voulait dire quelque chose qui mérite considération, et il serait loyal envers lui de le comprendre plus clairement qu'il ne l'exprima. Ce qu'il voulait dire, c'était que, dans le monde moderne, l'Église catholique est souvent l'ennemie de beaucoup de modes influentes; la plupart d'entre elles se targue d'être neuve alors que beaucoup d'entre elles commencent en réalité à être éculées. En d'autres termes, dans la mesure où cet homme voulait dire que l'Église attaque souvent ce que le monde encourage à un moment donné de l'histoire comme étant une nouveauté, il avait parfaitement raison. L'Église se porte souvent contre la mode de ce monde qui passe; et elle a assez d'expérience pour savoir avec quelle rapidité elle passe. Mais pour comprendre exactement de ce dont il s'agit, il est nécessaire de prendre plus de recul et de considérer la nature ultime des idées en question, de considérer, si l'on peut tirer, l'idée de l'idée.

Neuf fois sur dix, celles que nous appelons des idées nouvelles sont simplement de vieilles erreurs. L'Église catholique possède comme l'un de ses principaux devoirs, celui de protéger les gens de retomber dans ces vieilles erreurs; de les refaire encore et encore et toujours, comme les gens le font toujours lorsqu'ils sont abandonnés à eux-mêmes. La vérité sur l'attitude catholique face à l'hérésie, ou comme certains le diraient, face à la liberté, peut probablement être la mieux exprimée par la métaphore d'une carte. L'Église catholique porte en elle une sorte de carte de l'esprit qui ressemble à la carte d'un labyrinthe, et qui en fait, est un guide pour le labyrinthe. Elle a été formée à partir d'une connaissance qui, même considérée comme connaissance humaine, est sans aucun parallèle humain.

Il n'existe pas d'autre exemple d'institution intelligente continue qui réfléchit sur la nature humaine depuis deux milles ans comme l'est l'Église. Son expérience couvre naturellement presque toutes les expériences possibles et particulièrement presque toutes les erreurs. Le résultat est une carte dans laquelle toutes les voies sans issue et les mauvais chemins sont clairement signalés, toutes les voies ont été marquées comme inutiles par la meilleure de toutes les preuves : la preuve de l'expérience de ceux qui sont allés dans ces voies.

Sur cette carte de l'esprit, les erreurs sont marquées comme au fer rouge des exceptions. La plus grande partie de la carte consiste en des terrains de jeux et de joyeux terrains de chasse où l'esprit peut avoir autant de liberté qu'il veut; sans mentionner le nombre de champs de batailles intellectuelles dans lesquels la bataille est indéfiniment ouverte et indécise. En revanche, elle prend la responsabilité définitive de marquer certaines routes comme ne menant nulle part ou menant à la destruction, à un mur ou à un précipice absolu. Par ces moyens, elle préserve les hommes de perdre leur temps ou leurs vies sur des chemins qui ont été trouvés futiles ou désastreux encore et encore, dans le passé, mais qui autrement pourraient capturer des voyageurs encore et encore dans le futur. L'Église prend elle-même la responsabilité d'avertir son peuple contre ces routes sans issus. Et c’est de ces voies que dépend réellement notre propos. Elle défend dogmatiquement l’humanité de ses pires ennemis, ces monstres horribles et voraces des anciennes erreurs. Cependant, toutes ces fausses questions ont une manière de paraître relativement nouvelles, spécialement pour une nouvelle génération. La première proposition paraît toujours innocente et plausible. Je donnerai deux exemples. Il paraît innocent de dire, comme la plupart des gens aujourd’hui l’ont dit : « Les actes sont mauvais uniquement s’ils nuisent à la société ». Suivez cette philosophie, et tôt ou tard, vous vivrez dans l’inhumanité d’une ruche ou d’une ville de la lande établissant l’esclavage comme le moyen le plus efficace et le plus économique de production, ainsi que la torture des esclaves à la recherche de preuves car l’individu n’est rien face à l’État, déclarant qu’un homme innocent doit mourir, tout comme le dirent les meurtriers du Christ. Alors peut-être vous reviendrez aux définitions catholiques et vous découvrirez que l’Église, bien qu’elle dise qu’il est de notre devoir de travailler pour la société, dit aussi d’autres choses qui interdisent l’injustice individuelle. Ou encore, il paraît pieux de dire : « Notre conflit moral devrait finir par une victoire du spirituel sur le matériel » . Suivez cette hérésie et vous finirez peut-être dans la folie des manichéens, disant que le suicide est bon parce qu’il est un sacrifice, que la perversion sexuelle est bonne parce quelle ne produit pas la vie, que le démon fit le soleil et la lune parce qu’ils sont matériels. Alors peut-être commencerez-vous à deviner pourquoi le catholicisme insiste tant sur l’existence de mauvais comme de bons esprits ; et sur le fait que la matière peut elle aussi être sacrée, comme lors de l’Incarnation ou lors de la Messe, dans le sacrement de mariage ou la résurrection des corps.

Maintenant, il n’y a aucune autre association d’esprit au monde qui soit si à l’affût de protéger les esprits de mal tourner comme l'est l'Église. Le policier arrive en retard quand il essaye d’empêcher les hommes de mal tourner. Le docteur arrive trop tard, car il vient pour enfermer un fou, et non plus pour conseiller un homme sain afin d'éviter la folie. Toutes les autres sectes ou écoles de pensée sont inadaptées face à ce but. Ce n’est pas parce que chacune d’elle ne peut pas contenir de la vérité, mais plutôt et précisément parce que chacune d’elle ne contient qu'une quantité négligeable de la vérité ; et se contente de contenir cette parcelle de vérité seulement. Aucune de ces sectes ou philosophies n'est dépositaire de l'ensemble de la vérité. Aucune d'elles ne prétend réellement veiller dans toutes les directions à la fois. L’Église n’est pas seulement armée contre les hérésies du passé, ni même du présent, mais également contre celles à venir qui pourront être à l’opposé exacte de celles d’aujourd’hui. Le catholicisme n’est pas ritualisme, il combattra dans le futur toutes sortes d’exagérations idolâtres ou superstitieuses. Le catholicisme n’est pas ascétisme, il a réprimé encore et encore dans le passé les exagérations fanatiques et cruelles de l’ascétisme. Le catholicisme n’est pas simplement une mystique, il défend aujourd’hui la raison humaine contre le pur mysticisme des Pragmatistes. Ainsi, quand le monde devint puritain au dix-septième siècle, l’Église fut accusée de pousser la charité trop loin à partir d'arguments fallacieux selon lesquels le péché était facilité par le laxisme du confessionnal. Maintenant que le monde n'est plus puritain, mais païen, c’est l’Église qui partout proteste contre le laxisme païen des bonnes mœurs. Elle fait ce que les puritains voulaient faire mais lorsque cela est devenu réellement nécessaire. Selon toute probabilité, tout ce qu’il y a de meilleur dans le protestantisme survivra uniquement dans le catholicisme ; et en ce sens, tous les catholiques seront encore puritains quand tous les puritains seront païens.

Ainsi par exemple, en un sens mal compris, le catholicisme reste en dehors de toute querelle comme celle du darwinisme à Dayton. Il reste en dehors de la dispute parce qu’il englobe l'ensemble de la question, comme une maison entoure deux meubles incongrus. Ce n’est pas une propagande sectaire de dire que l'Église était avant et sera après, au delà de toutes ces thèses, dans tous les domaines. Il est impartial dans ce combat entre le fondamentalisme et la théorie des origines des espèces. Que l'on remonte à l'origine précédant cette Origine, parce que cette notion est plus fondamentale que le fondamentalisme. Cette compréhension réside dans le catholicisme qui sait d’où vient la Bible. Il sait aussi où vont la plupart des théories sur l’Évolution. Il sait qu’il y avait beaucoup d’autres faux évangiles que les quatre Évangiles, et que les autres furent éliminés par la seule autorité de l’Église catholique. Il sait qu’il y a beaucoup d’autres théories sur l’Évolution en plus de la théorie de Darwin ; et que la plus récente sera très vraisemblablement éliminée par une science plus récente. L'Église n’accepte pas, selon l’expression conventionnelle, les conclusions de la science, pour la simple et bonne raison que la science n’a pas conclu ! Conclure, c’est fermer; et l’homme de science n’est pas du tout susceptible de fermer ses recherches ! Il ne croit pas, selon la formule conventionnelle, ce que la Bible dit, pour la simple raison que la Bible ne dit rien dans son sens scientifique. Vous ne pouvez pas mettre la Bible sur le banc des témoins et lui demander ce qu’elle signifie vraiment en rapport avec l'évolution! La controverse fondamentaliste détruit elle-même le fondamentalisme. La Bible en elle-même ne peut être une base d’accord alors qu’elle est cause de désaccord ; elle ne peut être la base commune des chrétiens quand certains la prennent de manière allégorique et d’autres littéralement. Le catholique s’y réfère comme quelque chose qui peut parler à l’esprit vivant, consistant et permanent dont j’ai parlé ; l'esprit le plus élevé de l’homme conduit par Dieu.

Chaque instant fait croître en nous la nécessité d'une rencontre avec l'Esprit Immortel. Il y a quelque chose qui continue de maintenir les quatre piliers du monde, pendant que nous faisons nos expérimentations sociales ou bâtissons nos Utopies. Par exemple, nous devons avoir un accord définitif, ne serait-ce que sur le truisme de la fraternité humaine, qui seul résistera à la réaction de la brutalité humaine. Rien n’est plus susceptible maintenant d'arriver, que la corruption de nos gouvernements représentatifs qui mènera à la lâche partition de la richesse et au piétinement de toutes les valeurs d’égalité par un orgueil païen. Nous devons avoir des truismes partout reconnus comme véritables. Nous devons prévenir le retour de la morne répétition des erreurs anciennes. Nous devons rendre le monde intellectuel plus sûr pour la démocratie. Cependant dans les conditions de l’anarchie mentale moderne, ni cela, ni aucune idée n’est sûre, exactement comme les protestants en ont appelé à la Bible contre les prêtres, en ne réalisant pas que la Bible aussi pouvait être questionnée, et que de même, les républicains en ont appelé au peuple contre les rois, sans réaliser que le peuple aussi peut-être défié. Il n’y a pas de fin à la dissolution des idées qui étaient acceptées comme vraies, la destruction de tous les tests de vérité est devenue possible depuis que les hommes ont abandonné la volonté de conserver la Vérité centrale et civilisatrice, qui renferme toutes les vérités et ainsi nous rendre capable de démasquer et réfuter toutes les erreurs. Depuis lors, chaque groupe a fabriqué sa vérité et a passé son temps à la transformer en erreur. Nous n’avons plus rien d’autres que des idéologies ; ou en d’autres termes des monomanies. Mais l’Église n’est pas une idéologie, c'est un lieu de rencontre ; le lieu d'étude et de procès des idéologies de ce monde.

G.K. Chesterton. "Why I Am A Catholic." From Twelve Modern Apostles and Their Creeds (1926).
Pour poursuivre:
http://chesterton.over-blog.com/

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11 novembre 2009

Fête de Saint-Martin

Saint-Martin est l'une des figures majeures de l'évangélisation de notre pays, et le fondateur du premier monastère à Ligugé en Europe.

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Dans l'église Saint-Martin d'Herblay

Terre cuite
Bois
 
Datation
XVIIe siècle 
 

Saint Martin, enrôlé dans la garde impériale romaine, tranche d'un coup d'épée sa chlamyde pour en donner la moitié à un malheureux. Cette œuvre en terre cuite est un exemplaire unique en Val-d'Oise. Le même thème, sculpture sur pierre fort endommagée, domine le toit de la sacristie construite au XVIe siècle. Sur le mur voisin, deux graffitis représentant des fers à cheval répètent la dévotion des cavaliers au patron de l'église.

http://www.saintmartindetours.eu/

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03 novembre 2009

Liturgie d'automne

Dans "Présent" de ce jour, Jean Madiran, un roc pour notre temps d'effondrement:

http://www.present.fr/

automne_13Novembre. La pluie sur les feuilles mortes. Les derniers dimanches après la Pentecôte. Et la répétition de cet introït : Dicit Dominus. Le Seigneur parle : Ego cogito cogitationes pacis et non afflictionis. J’ai, dit-Il, des pensées de paix et non d’affliction. La mélodie grégorienne est apaisante en effet. Cette mélodie-là. Invocabitis me, et ego exaudiam vos : invoquez-moi et je vous exaucerai. Chaque année ces paroles et leur mélodie réveillent en moi le souvenir de novembre 1944, la grâce d’avoir connu André Charlier, c’est lui qui a commencé à me faire entrer véritablement dans la prière de l’Eglise. Dimanche après dimanche, je découvrais le grégorien. Et reducam captivitatem vestram de cunctis locis : et de partout je ramènerai vos captifs. Nos captifs ! Partout en France nous avions nos prisonniers, nos condamnés, nos torturés, victimes d’une sauvage révolution. Et puis après la mélodie venait la psalmodie, avec la fraîcheur d’une bise légère : Benedixisti, Domine, terram tuam ; avertisti captivitatem Jacob. Seigneur, vous avez béni votre terre, vous avez arrêté la captivité de Jacob. Quel chant d’espoir. Et encore, à la fin de la messe, le chant de la communion : Amen dico vobis, quidquid orantes petitis, credite quia accipietis, et fiet vobis. En vérité je vous le dis, tout ce que vous demandez dans vos prières, croyez que vous le recevrez. Dans nos prières nous demandions la vie sauve pour ceux de nos captifs qui avaient échappé aux massacres. Je ne savais pas, on ne l’a su que plus tard, le sort de ces très jeunes miliciens qui n’avaient jamais touché une arme ni commis aucun crime de sang, et qui furent torturés et sodomisés dans les prisons républicaines avec un acharnement interminable, il y eut quelques survivants, finalement relâchés, exsangues et l’anus éclaté. Et tant d’exécutions sommaires. Invocabitis me, et ego exaudiam vos. La vie sauve, Seigneur, pour ceux qui n’avaient pas encore été tués. Le Maréchal. Maurras. Brasillach ! Tout s’était effondré sous un souffle brûlant, une tornade infernale. Le chaos. Quelle chute. Quel anéantissement.

ID_MADIRAN2Pourtant, j’étais né dans l’Empire. Je suis né dans la métropole d’un empire français sur lequel le soleil ne se couchait pas. Comme François Brigneau. Comme Luce Quenette. Comme Dom Gérard. Je suis né dans une France victorieuse, j’ai grandi dans un pays qui avait la plus forte armée du monde, et dans les atlas, teintées en rose, des « possessions » dans tous les continents. J’ai appris par cœur les « trois départements français d’Algérie », les cinq « établissements » français en Inde, « Pondichéry, Chandernagor, Karikal, Yanaon et Mahé », et tout le reste. Quand j’avais vingt ans, cet empire français fut abattu par le plus grand désastre militaire de notre histoire. Dans ce malheur soudain et total, une voix s’élève alors pour entreprendre de rebâtir la patrie française. Par sa bouche parle un millénaire de labeurs, d’espérances, de sagesses et de courages du peuple français, depuis sainte Clotilde, saint Rémi, saint Eloi : ce fut toujours pour dire « travail, famille, patrie ». La France va renaître parmi les deuils et les misères du temps présent, elle va se retrouver elle-même, fille aînée de l’Eglise. Et puis en 1944, une subversion totale n’en laisse rien subsister, plus rien de temporel à quoi appartenir. Au fond de l’affliction je découvre alors, chantée en grégorien, la paix de Jésus : Dicit Dominus, ego cogito cogitationes pacis et non afflictionis. C’était il y a soixante-cinq ans, c’était hier, en novembre 1944.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 6961
du Mercredi 4 novembre 2009

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02 novembre 2009

De la liturgie selon le cardinal Canizares Llovera

200px_Antoniocanizares    "(...) il nous faut retrouver le sens de l'adoration, c'est à dire le sens de Dieu en tant que Dieu. Ce sens de Dieu ne pourra se retrouver qu'à travers la liturgie. (...)Quand l'esprit de la liturgie est vécu, on entre dans l'esprit de l'adoration, on entre dans la reconnaissance de Dieu, on entre en communion avec Lui, et c'est cela qui transforme l'homme et le convertit en homme nouveau. La liturgie regarde toujours vers Dieu, et non pas vers la communauté; ce n'est pas la communauté qui fait la liturgie mais Dieu. C'est Lui qui vient à notre rencontre et nous propose de participer à sa vie, à sa miséricorde et à son pardon...Quand la liturgie sera vécue en vérité, quand Dieu se trouvera véritablement en son centre, alors tout changera."

Conférence du cardinal Canizeres Llovera, préfet de la Congrégation pour le Culte divin et les sacrements pour l'association barcelonaise "Fe y cultura", repris dans le n°6959 de Présent.

http://www.present.fr/

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19 octobre 2009

Retour en grâce de la liturgie tradionnelle à Rome ?

Notre reconnaissance au journal pour saisir l'importance cruciale de cet évènement:

http://www.present.fr/

Pour la première fois depuis quarante ans…

Une messe pontificale traditionnelle à Saint-Pierre de Rome 

 

 

A Rome, dimanche, personne ne s’y est trompé. La célébration d’une messe pontificale en la « forme extraordinaire », pour la première fois depuis quarante ans en la basilique Saint-Pierre de Rome, fut un véritable événement. Depuis l’imposition du Nouvel Ordo on n’avait plus vu cela : un évêque de la sainte Eglise romaine, observant avec son diacre, son sous-diacre, son prêtre-assistant, son cérémoniaire et tous les acteurs de cet acte liturgique très particulier toutes les rubriques traditionnelles, tous les détails riches de signification du sacrifice eucharistique offert « pontificalement » par un successeur des apôtres… 

 

L’évêque, c’était S.E.R. Mgr Raymond Leo Burke, nommé en juin 2008 par Benoît XVI préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, juridiction de dernier ressort pour les décisions de la Rote romaine et pour les conflits de compétence. Je le revois devant moi, assis sur le faldistoire un peu à droite, devant l’autel, au centre du sobre ballet des clercs qui accomplissent tour à tour les gestes prescrits pour l’assister, le solliciter, recueillir une bénédiction, le vêtir et le dévêtir de sa mitre dorée ou sa mitre précieuse… : c’est une miniature médiévale qui prend vie devant mes yeux, ou un tableau de la Renaissance. Tout aurait pu se dérouler il y a quatre cents ans, et j’aurais assisté à la même scène… à la même Cène, avec les mêmes mots, les mêmes sortes d’ornements, les mêmes chants.

Car ce fut là une autre grâce de cette messe exceptionnelle, de cet événement symbolique : les chœurs des Franciscains et des Franciscaines de l’Immaculée, institut de droit pontifical où le motu proprio Summorum pontificum a été accueilli et mis en pratique avec une ardeur toute religieuse, ont fait résonner la chapelle du Saint-Sacrement de Saint-Pierre d’un chant grégorien très pur, et, en dehors du Kyriale et du propre de la messe du jour, d’une polyphonie liturgique discrète et priante. 

C’est cela aussi, l’universalité de l’Eglise : où que l’on soit dans l’espace ou dans le temps, le sacrifice offert sur l’autel est le seul et unique Sacrifice. Le visage grave et immobile de Mgr Burke, tourné vers les fidèles en attendant l’Offertoire et la Consécration, me semble l’image à la fois de son autorité et de son obéissance aux prescriptions d’un rituel qui le dépasse et qui ordonne tout à Notre Seigneur.

Evénement, oui ; si la basilique qui est au cœur de la chrétienté a déjà, depuis plusieurs années, accueilli des messes tridentines, et même des messes tridentines célébrées par des évêques, ce furent des liturgies plus discrètes, des messes basses, souvent dans des chapelles fermées. Dimanche, nous avons assisté à un nouveau pas dans la lente mais sûre remise à l’honneur du sublime héritage de notre rite latin. Dimanche, un évêque chargé d’une tâche importante au sein de l’Eglise universelle a accepté de participer à cette pacifique reconquête. Dimanche, des centaines de personnes – peut-être cinq cents ? – ont assisté, recueillies, à cette messe pontificale traditionnelle. On aperçut Mgr Guido Pozzo, président de la commission Ecclesia Dei, et le Père Augustine Di Noia, qui a remplacé Mgr Ranjith à la Congrégation pour le culte divin. Mais surtout, dimanche, des dizaines et des dizaines de prêtres, de séminaristes, de religieux, de religieuses, et un évêque – Mgr Anastasius Schneider – étaient présents, étaient heureux ; et presque tous, ils étaient jeunes. Le passé de l’Eglise est aussi son avenir.

Précisément, la messe de dimanche clôturait le 2e colloque de l’association italienne « Giovani e tradizione » (Jeunes et tradition) créée dès le 15 septembre 2007 pour suivre et promouvoir l’application du motu proprio Summorum pontificum, sur le thème, cette année : « Le motu proprio de S.S.Benoît XVI, un grand don pour toute l’Eglise ». Colloque qui s’est déroulé à la Casa Bonus Pastor du vicariat de Rome, en présence de plusieurs évêques et supérieurs d’ordres religieux : il y a beaucoup à en dire et nous le dirons, d’autant que nul n’y a caché les difficultés que rencontre la mise en œuvre du motu proprio. Dimanche, en sortant de la messe pontificale traditionnelle, les fidèles ont entendu sur la place Saint-Pierre Benoît XVI saluer paternellement, à la fin de l’Angélus, les participants au colloque. Ils ont voulu voir, dans ses paroles, un encouragement. C’était en tout cas une bienveillante reconnaissance publique. Et des munitions pour les reconquêtes à venir.

 

JEANNE SMITS

Article extrait du n° 6950
du Mardi 20 octobre 2009

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