Vu de La Frette

Un Gallo-(catholique)romain du Val d'Oise, des citations pour nourrir le fil des jours

29 novembre 2009

Du leurre démocratique

 

lj208 "La démocratie est une caricature. Le peuple n'a jamais gouverné. Jamais. La loi du nombre est une calembredaine. C'est un toujours un petit nombre qui tient le pouvoir. Quand le nombre délègue le sien à des représentants qui ne conviennent pas aux vrais maîtres du jeu, ceux-ci s'arrangent pour ne pas tenir compte du nombre."

p.19," 75 ans ...", François Brigneau , Publications FB  1994

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23 août 2009

Humour juif ?

317HsMohmrL    "Pourtant, le lobby polonais disposait, sans que, dans ma frivolité, je m'en sois avisé, d'une artillerie lourde. Comparé à cette puissance de feu, le lobby juif ne semblait capable que d'escarmouches."

p.513, "Le lièvre de Patagonie", Claude Lanzmann, Gallimard, 2009

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13 avril 2009

La forêt comme invitation au sacré

43217354       "(...) dès cet instant, j'arrête d'écrire pour me promener dans la forêt. Elle est là, disponible et souveraine, offerte à tous, exempte de barbelés, à perte de vue. J'aime ces grandes cathédrales silencieuses aux travées peuplées de fougères, éclairées par un soleil jouant entre les pins, s'embrasant et disparaissant comme à travers un vitrail. Rien de plus mystérieux que ces longues pistes sablonneuses qui lignent les pins à perte de vue, dépourvues de la moindre rature. Et pourtant on s'y égare aussi facilement que dans un labyrinthe. Le vent chante dans les pignadas, modulant sa voix selon la densité du boisement ou la profondeur des éclaircies. Jamais je n'ai mieux compris la justesse ce image inventée par Stendhal, "harpe éolienne". La harpe renvoit à la poésie néoclassique, mais quand le vent souffle, tourne et se meurt sur les grands arbres, une mélodie envoûtante parcourt le massif forestier. Chaque fût vibre à la manière d'une corde, transmettant en proportion de la ventilation son frémissement à la cîme"

p.228, "La maison du retour"(2007), Jean-Paul Kauffmann, Folio, 2008

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L'arbre, transmetteur du souffle divin ?

foret_landes_contre_plongee_pins_hdr      "Les lumières de fin d'après-midi sont propres à ces bredouillements toujours avortées. La colonne vertébrale du fût s'anime, impulsant à la cage thoracique l'immense frémissement foliaire. Cette transe et le découragement à transformer le principe vital qui s'ensuit me bouleversent au plus haut point. Les milliers de feuilles qui paraissent comme autant de fanions au vent produisent pourtant un sentiment d'euphorie. Cela n'a évidemment rien à voir avec le murmure du vent dans les arbres. Cette activité qui survient à chaque instant du jour et de la nuit est banale. Le souffle dont je parle est différent. Il éveille l'arbre de l'intérieur, agissant comme un influx nerveux. J'ai toujours pensé que dans l'Ecriture, les chênes de Mambré s'animaient ainsi. Ils s'agitent pour avertir Abraham de la présence divine, c'est un signe de promesse. Ainsi annoncent-ils la naissance pochaine d'Isaac."

p.150, "La Maison du Retour"(2007), Jean-Paul Kauffmann, Folio, 2008

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Lecture et enfermement

    

"L'homme libre ne peut lire avec une telle concentration. Il est sans cesse distrait, éparpillé par le plein exercice de sa liberté. 51cggfSvvHLIl corne un livre à un passage donné avant de se coucher, il le reprendra le lendemain. Entre-temps, il est allé au travail, il a bavardé, mangé, il s'est diverti. Même un bouquin englouti d'une seule traite, en vacances, dans la solitude d'une chambre, n'absorbe pas complètement le lecteur. Une certaine disponibilité au paysage, le sentiment de dissipation que procure l'inertie estivale ou la vacuité, bref l'absence de contrainte n'égalera jamais la tension d'esprit que crée l'enfermement. La liberté nous émiette. Enchaîné, j'ai connu à la lueur d'une bougie l'adhésion absolue au texte, la fusion intégrale aux signes qui le composaient - la question du sens, je le répète, était secondaire."

p.112, "La Maison du Retour"(2007), Jean--Paul Kauffmann, Folio, 2008

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17 mars 2009

De l'intransigeance

 "L'Eglise est intransigeante en principe parce qu’elle croit, elle est tolérante en pratique parce qu’elle aime. Les ennemis de l’Eglise sont tolérants en principe parce qu’ils ne croient pas, et intransigeants en pratique parce qu’ils n’aiment pas.

(Dieu, son existence et sa nature, 1923, p. 725), Père Garigou-Lagrange

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16 mars 2009

De l'allure

     "De morale, je n'en vois pas d'autre que celle de l'allure mais jusqu'au bout tenue."

Jean Cau, "Réflexions dures pour une époque molle", Table Ronde, 1981, p.130

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De la peur des mots

      

"Réflexions dures sur une époque molle", Table Ronde, de Jean Cau a été publié en avril 1981. De son vivant, Cau a suscité contre lui de flamboyantes détestations, il est déroutant que la sensibilité de droite soit oublieuse de cette plume si aigüe:

   

  "Le discours de l'Occident est intimidé parce que qu'après la défaite de l'Allemagne nazie, tout un vocabulaire caua été, par les vainqueurs, rendu terrible et parce que, de ce fait, son utilisation est coupable. Or, ce vocabulaire n'était jamais qu'un contenant. Ni coupable, ni innocent. Un contenant, rien d'autre (comme le mot démocratie en est un lui-même, sauf que le contenu n'est pas le même à Prague ou à Paris). Nous assistons alors à ceci: ce vocabulaire terrorisé et maudit n'est plus utilisé, mais les contorsions auxquelles nous nous livrons pour l'éliminer de notre discours par traductions affaiblies ne vont pas sans conséquences, car nous finissons par penser de manière non moins affaiblie. Et le contenant pourrit le contenu, de la même façon que naguère au cours de l'autre opération à laquelle nous nous livrâmes. Le résultat est clair: nous devenons les Précieuses terrorisées et sodomisées du langage et, par inexorable conséquence, de l'action." p.63/64

    "Aujourd'hui Montherlant n'oserait écrire Les Jeunes Filles. Il serait traité férocement de misogyne. Aucun artiste n'oserait sculpter des nègres porte-cochères: il serait traité de raciste. Aucun Balzac ou Proust n'oserait peindre un Goseck, un Nucingen ou un Bloch: il serait traité d'antisémite. Jamais nous n'avons été aussi peu libres d'être innocents. Devant chacune de nos pensées et chacun de nos actes, un chiourme se dresse et nous hurle que nous devons d'abord nous interroger et, à peine d'être coupables, stopper notre marche." p.102

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09 janvier 2009

Phrase de la journée

medium_besson"L'opération « Plomb durci » de Tsahal dans la bande de Gaza ? Heureusement que les Israéliens ne sont pas serbes, sinon Tzipi Livni et Ehoud Olmert seraient en route pour le Tribunal international de La Haye."

Patrick Besson,
http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/sujets-de-preoccupation/989/0/305061

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30 décembre 2008

Audiard et la droite littéraire

audiard“… Car, ce qui me séduit dans la droite, ce sont ses écrivains. Montherlant, Morand, Giono, Jacques Perret et Marcel Aymé. Je suis toujours attiré par la déconnante, et la droite déconne. Les huluberlus, les mabouls, on ne les trouve qu’à droite. La droite est braque, il ne faut jamais l’oublier. A gauche, c’est du sérieux. Ils pensent ce qu’ils disent et, c’est le moins qu’on puisse dire, ils ne sont pas très indulgents avec les idées des autres. Je n’ai jamais entendu Marcel Aymé porter des jugements sur le reste de l’humanité, ni demander des sanctions ou des châtiments.”

Audiard par Audiard, René Chateau, 1995.


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