Vu de La Frette

Un Gallo-(catholique)romain du Val d'Oise, des citations pour nourrir le fil des jours

21 octobre 2009

Mystification et cohésion sociale

Pour une compréhension des réticences mentales au révisionnisme historique.

Source: http://www.alterinfo.net/Pourquoi-la-propagande-l-emporte-sur-la-verite_a36866.html

Paul_Craig_Roberts"Les chercheurs ont examiné pourquoi les énormes mystifications réussissent là où les petites balivernes échouent. Les régimes peuvent s'en tirer avec de grandes impostures, mais les politiciens ne le peuvent pas avec la bagatelle."

"L’implication émotionnelle de la propagande s’est intégrée à leur identité personnelle et à leur sens moral. Ils ont cherché les informations qui soutenaient leurs croyances et évité celles qui les démentaient, sans tenir compte des faits de l'affaire."

"(...)
c'est que, avec le temps, les faits devenant évidents, les gens tiennent absolument sur le plan émotionnel aux croyances implantées par la propagande et trouvent que s’en libérer est une expérience déchirante. Il est plus confortable de dénoncer celui qui révèle la vérité plutôt que le menteur."

Paul Craig Roberts fut ministre des Finances adjoint dans l'administration Reagan. Il est coauteur de The Tyranny of Good Intentions.

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05 octobre 2009

Fragilité dynastique sous Louis XIV

51FEhK0dfEL  "Onze mois ont suffiront à ruiner tant d'espérances et à proclamer que la solidité dynastique n'était qu'apparente. Pressée, la mort frappe les Bourbons à coups redoublés. Peu après Pâques, le 14 avril 1711, la petite vérole emporte Monseigneur. Sa disparition  fait de son fils aîné, le duc de Bourgogne, le nouveau dauphin. Plus que jamais l'avenir de la France semble porté par le duc et son épouse. Mais la duchesse de Bourgogne succombe à son tour, des fièvres, le 12 février 1712. Son époux, qui l'a veillée autant qu'il a pu, meurt quelques jours plus atrd, le 18 février. Dans l'horreur de cette double mort, leur fils aîné, le très jeune mais déjà impérieux duc de Bretagne, devint dauphin. Pour troissemaines eulement. la mort l'emporte le 9 mars, et il s'en faut de peu qu'elle ravisse aussi son fils cadet, le petit duc d'Anjou, lequel lui est disputé victorieusement par les femmes qui en ont la garde.
   D'une fête de Pâques à l'autre, du 5 avril 1711 au 27 mars 1712, en une année à peine, la France a connu quatre dauphins. Les contemporains en furent frappés de stupeur et d'effroi."

p.17, "L'année des quatre dauphins", Olivier Chaline, Flammarion, 2009

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23 septembre 2009

Vivre après une longue désunion: Berlin

    Le 7 novembre prochain marque le  vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Un chauffeur de taxi exprime son ressentiment:

51NiELcxcdL"- La réunification n'est qu'une source de conflits ! Une vraie zizanie ! Ce n'est plus un fossé  qui nous sépare , c'est un gouffre ! Les Allemands  de l' Est ont été isolés pendant trop longtemps. Ils pensent que l'argent va leur tomber tout cuit dans le bec. Il y a sans arrêt des querelles. Ceux de l'Ouest grognent parce que la ville de Berlin  est ruinée, et ceux de l'est  se plaignent parce qu'ils avaient espéré tout autre chose. Plus de fric, par exemple. Ils se moquent de la liberté  et de la démocratie. il n'y a que l'argent  qui compte. Rien de neuf sous le soleil !"

p.230, "Un mur entre nos vies ", Ines Veith, Michel Lafon 2009

Sur le site de l'éditeur:

http://lafonpublishing.com/livres-temoignage/titre-721,mur-entre-nos-vies.html

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14 septembre 2009

La mort de Louis XIII par Corneille

LouisXIII"Sous ce marbre repose un monarque sans vice,
Dont la seule bonté déplut aux bons François,
Et qui pour tout péché ne fit qu'un mauvais choix
Dont il fut trop longtemps innocemment complice.

L'ambition, l'orgueil, l'audace, l'avarice,
Saisis de son pouvoir, nous donnèrent des lois ;
Et bien qu'il fût en soi le plus juste des rois,
Son règne fut pourtant celui de l'injustice.

Vainqueur de toutes parts, esclave dans sa cour,
Son tyran et le nôtre à peine perd le jour,
Que jusque dans la tombe il le force à le suivre.

Jamais de tels malheurs furent-ils entendus ?
Après trente-trois ans sur le trône perdus,
Commençant à régner, il a cessé de vivre."

p.1062, "Œuvres", Corneille, Tome I en Pléiade 1980

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13 septembre 2009

Du devoir d'état selon Louis XIII

     Souvent le scrupule de chair est présenté comme une marque de faiblesse de caractère chez Louis XIII, qu'on en juge:

" L'écuyer du Roi, Claude de saint-Simon, père du duc de Saint-Simon, mémorialiste de Louis XIV, ayant comme tout le 41GZQ0BGZCLmonde remarqué l'attirance de Louis XIII pour Marie de Hautefort et constatant que le Roi ne se décide pas à sauter le pas, se dit un jour qu'il est sans doute tout simplement embarrassé pour lui faire sa proposition. Il pense pouvoir lui rendre ce service et, saisissant l'occasion d'un tête-à-tête avec Louis XIII, lui fait part de son idée, en s'offrant à transmettre à Mademoiselle de Hautefort une déclaration d'amour du Roi. Louis XIII l'écoute attentivement puis lui dit: "Vous me parlez là en jeune homme qui ne pensez qu'au plaisir. Il est vrai que je suis amoureux; je n'ai pu m'en défendre, parce que je suis homme et sujets aux sens; il est vrai que je suis Roi et par là puis me flatter de réussir si je voulais; mais plus je suis roi et en état de me faire écouter , plus je dois penser que Dieu me le défend, qu'il ne m'a fait Roi que pour lui obéir, en donnant l'exemple, et le faire obéir par ceux qu'il m'a soumis. Plus je suis amoureux, plus je ne puis me surmonter assez pour ne pas rechercher à voir et à parler de celle qui m' blessé les yeux et le coeur, plus je dois faire d'efforts pour me surmonter moi-même; et si je me permets des amusements que les occasions de et l'humanité m'arrachent, plus je dois être en garde contre le crime et le scandale et demeurer le maître de moi-même. je veux bien vous faire cette leçon et vous pardonner votre imprudence; mais qu'il ne vous arrive jamais d'en faire une seconde de cette nature avec moi."

p.607, "Richelieu", Michel Carmona, Fayard, 1983

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23 août 2009

Puissance de la France en 1643

                                                                 "La France de 1643 est infiniment plus forte que celle de 1610, et bien plus encore que celle de 1624, quand Louis 41GZQ0BGZCLXIII avait résolu de faire appel au cardinal. Son assise territoriale s'est considérablement élargie. Le souverain, au-delà des frontières reconnues du royaume, contrôle l'Artois, la Lorraine, l'Alsace, la Savoie, le Roussillon, les ponts du Haut-Rhin, et dispose de solides points d'appui en Italie du Nord. Il a accepté de devenir comte de Barcelone c'est à dire chef de la province révoltée contre Madrid. Sa marine a pris l'avantage sur les flottes espagnoles, et domine désormais la Méditerranée occidentale. Sur l'Atlantique, elle fait jeu égal avec les flottes d'une Angleterre secouée par la Révolution, et ne le cède en puissance qu' à la marine des Provinces-Unies,, qui sont l'alliée la plus ancienne et la plus fidèle de la France. Au-delà des mers, des colonies se sont créées au canada et aux Antilles, des comptoirs sur la côte du Sénégal et à Madagascar. En moins de 20 ans, la France est devenue plus grande qu'elle ne l'avait jamais été."

p.698, "Richelieu", Michel Carmona, Fayard, 1983

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06 juillet 2009

A la source du wahhabisme

    "(...)Mohammed Abd al-Wahhab mathématise la restriction. Son programme ? Le retour à l'origine, au noyau primordial, au saudiearlysoldiersrécit initial et à l'expérience première du Prophète et de ses compagnons. Essentialisation. Le tawhîd, le "pur fondement de la foi", intangible, s'oppose au shirk, au "péché absolu d'association", irrémissible. Il s'agit, en reproduisant la geste des "pieux prédécesseurs" (al-salaf), d'écarter définitivement le polythéisme, l'innovation, l'abomination du mélange. Hors de la récurrence, tout est dénaturation, hétérodoxie. Ni piété, ni art. Ni clergé, ni culte des saints. rejet de toute mystique, de toute philosophie. Récusation de tout anthropomorphisme. Aucun intermédiaire, aucun intercesseur. Nulle métaphore, nulle image. Soit l'abolition de n'importe forme de médiation, transport, transfert ou traduction, au nom de la littéralité. En clair, l'annulation de l'Histoire. Ou plutôt de la théologie et de l'Histoire, plus précisément de leur articulation. Clôture renouvelée au sein de la clôture, toutes herses, barrières, murailles abaissées."

p.19," Le paradoxe persan", Colosimo Jean-François, Fayard 2009
Sur ce cheikh:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohammed_ben_Abdelwahhab

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12 juin 2009

Sermon de Van Gogh

Fils de pasteur, Vincent Van Gogh a été prédicateur, voici un extrait de son premier sermon prononcé le 19 Octobre 1876:

vincent_van_gogh_t7513 "Notre vie nous pourrions la comparer à un voyage. Nous allons du lieu où nous sommes nés vers un port lointain. Notre enfance pourrait être comparée à une partie de canot sur un fleuve; mais bientôt, oui bientôt les vagues deviennent hautes, le violent plus violent. Presque sans nous en être aperçu nous voilà sur la mer et la prière de notre cœur monte vers Dieu:"Seigneur, protège-moi car ma barque est si petite et ta mère si grande." Le cœur de l'homme est semblable à la mer, il en a les marées, il en a les tempêtes; il a sa profondeur. Il a aussi ses perles. Et le cœur qui cherche Dieu a plus qu'un autre ses tempêtes..."

      repris p.42, dans"C'était mon frère..."( 2006), Judith Perrignon, Folio 2009

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12 mai 2009

Lutèce vu par l'empereur Julien

a17069_0H67TD1    "Il se trouvait que je cantonnais, cet hiver-là, dans ma chère Lutèce: c'est ainsi que les Celtes désignent le port des Parisiens. C'est une île de faible étendue au milieu du fleuve, et le rempart l'entoure en cercle de toutes parts; des ponts de bois, partis de chaque rive, y donnant accès. Le fleuve, au milieu duquel elle est étendue, est paisible et régulier: son eau est très agréable à contempler, tant elle est limpide; elle est aussi très bonne à boire, et les habitants viennent la puiser à la rivière. L'hiver n'y est pas rude et la clémence de la température est si grande qu'on voit croître, aux environs une vigne de bonne qualité..."

p.12,"Histoire de Paris", Yvan Combeau, "Que sais-je ?", 6 e édition (2009)

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29 avril 2009

Napoléon fataliste

417245530_L      "Napoléon a toujours été fataliste. Le 2 septembre 1816, évoquant l'apogée du règne, il fait cet aveu à Las Cases: "Je voyais clairement arriver l'heure décisive. L'étoile pâlissait, je sentais les rennes m'échapper, et je n'y pouvais rien." Prescience de la catastrophe à laquelle il faut opposer  l'admirable phrase du début, quand il était à vingt-cinq ans général de l'armée d'Italie: "Je voyais déjà le monde fuir sous moi, comme si j'étais emporté dans les airs." La confidence faite une fois de plus à Gourgaud date de 1817. Instantané qu'on pourrait presque qualifier de stendhalien, tant la fusion de la lucidité et du rêve répand une traînée lumineuse. Éclair qui traverse les mornes journées et irradie soudain la lourde opacité de Longwood. Tout y est. L'acceptation du risque, le bonheur déployé à perte de vue, la grande chevauchée de l'aventure. Pégase s'envole, il prend le mors aux dents, le destin s'emballe..."Je sentais les rênes m'échapper et je n'y pouvais rien."N'avait-il pas avoué un jour à las cases:"On peut donner une première impulsion aux affaires; elles vous entraînent."

138/139, "La chambre noire de Longwood"(1997), Jean-Claude Kauffmann, Folio (1998)

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