Vu de La Frette

Un Gallo-(catholique)romain du Val d'Oise, des citations pour nourrir le fil des jours

02 décembre 2009

Les toits de Paris vu de l'église Saint-Sulpice

reconnaissez_vous_monuments_229952    "Paris surgit sous nos pieds, sidération blanche, silencieuse, déroulée devant nous telle une tapisserie sans chatoyance. Un désert de pierres d'où provient un grondement par vagues. Vision désolée et monstrueuse de la belle Sodome que l'Ange exterminateur a épargnée mais vidée de ses habitants. Quelque chose d'inquiétant, un mouvement suspendu. La certitude que ce décor bientôt ne sera plus. Déjà on entrevoit le désastre final. Pressentiment que tout est joué. Le béton gris, les dalles usées, ce pauvre frémissement crayeux seront un jour ensevelis par le sable et le silence. Combien de temps résistera le ziggourat de Saint-Sulpice ? Un vent aride soulève une poussière ocre. La fontaine Saint-Sulpice rutile comme un mausolée de marbre entouré du bouquet sombre des marronniers."

p24-25, "La Lutte avec l'Ange"(Table Ronde 2001) Jean-Paul Kauffmann, Folio 2006

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14 novembre 2009

Bouquiniste

                                          Bouquiniste

"Je passais le long de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas."

2268751140_37d9b2697a_oDu quai du Louvre au quai de l'Hôtel-de-Ville, du quai de la Tournelle au quai Voltaire, Paris est bien la seule ville à posséder des bibliothèques en plein air. Est-ce l'odeur de bouc des reliures en peau de chèvre qui a donné leur nom aux bouquinistes, ces "marchands d'esprit" ? D'abord colporteurs de chansons, de périodiques et d'abécédaires, ils arpentaient le Pont-Neuf, l'étal accroché au cou. Ils installèrent les premières "boîtes à livres d'occasion" quai Saint-Michel, quai des Grands Augustins, la rive gauche étant la patrie du livre et de l'édition depuis la fondation de la Sorbonne. Le cardinal Mazarin les fit chasser. Les bouquinistes devront attendre jusqu'en 1891 pour être reconnus, obtenir le droit de sceller leurs boîtes sur les parapets- à condition tout de fois de laisser des échappées sur le fleuve. Les saisies révolutionnaires et le pillage des couvents ont longtemps enrichi leur fonds. Aujourd'hui, c'est aux Puces, dans les greniers et les salles des ventes que les bouquinistes trouvent leurs filons. cepeandant, il est de plus en rare de pêcher, au milieu de la drouille, une édition originale."

p.23, "Les mots de Paris", Jérôme Godeau, Valentine de Ganay, Paris Musées/Actes Sud, 1996

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13 juin 2009

Cimetière Picpus: souvenir ensanglanté de la Révolution

picpus1   "L'instauration de la grande Terreur multiplie les exécutions: du 11 juin au 18 juillet 1794, soit, près de trente par jours. Sous prétexte d'hygiène, la Convention a voté l'éloignement de la guillotine du centre de la ville. Le 9 juin, elle a été dressée place de la Bastille, mais les sans-culottes du Marais et du faubourg Saint-Antoine demandent son déplacement. Le 13 juin 1794, la guillotine s'installe sur la place du Trône Renversé ( de la Nation aujourd'hui'). Mais que faire des nombreux corps décapités ?
    Le couvent des chanoinesses augustines de la Victoire de Lépante (35 rue de Picpus), devenu bien national, a été loué à un certain Ridéain. Le 13 juin 1794, il reçoit la visite, il reçoit la visite de deux employés des travaux publics de la Commune de Paris qui inspectent le jardin. Le lendemain, une équipe de terrassiers abat le mur nord de la propriété, creuse une grande fosse dans l'angle sud-est du jardin et Riédain est avisé que cette fosse,ainsi qu''une deuxième ensuite, est destinée à recevoir les corps des personnes décapitées sur la très proche place du Trône Renversé.
    Du 13 juin au 28 juillet, 1306 suppliciés sont inhumés dans ce qui devenir le cimetière de Picpus. Outre les poètes André Chénier et Roucher, y figurent les plus grands noms de la noblesse: Clermont-Tonnerre, Créqui, Gramont, Montmonrency,Noailles et Ornano. En 1797, un représentant de la princesse Amélie de Hohenzollern-Sigmarigen achète l'emplacement du cimetière, car son frère, le prince Salm-Kyburg, faut partiedes victimes. Une association est fondéepour gérer ce cimetière et les parents des guillotinés commencent dès 1805 à se faire enterrer à côté de leurs proches. le marquis de La Fayette, gendre de la duchesse d'Ayen guillotinée, y a été enterrée en 1834. C'est devant sa tombe que le repésentant du général pershing, commandant en chef du corps expéditionnaire des Etats-Unis d'Amérique durant la Première Guerre Mondiale, le colonel Charles E.Stanton, a prononcé la célèbre phrase:"La Fayette, we are here!"

p.197, "Paris au jour le jour", Alfred Fierro, Arcadia Editions 2005
http://www.arcadia-editions.com/
Un reportage sur le lieu:
http://pietondeparis.canalblog.com/archives/2007/10/26/6672391.html

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11 juin 2009

Sur le canal saint-Martin glisse...

    "Sur le canal saint-Martin glisse,spaceball2
Lisse et peinte comme un joujou,
Une péniche en acajou,
Avec ses volets à coulisse,
Un caillebot au minium,
Et deux pots de géranium
Pour la Picarde, en bas, qui trôle.

.....................................................

Je rêve d'un soir rouge d'or,
Et d'un lougre hindou qui s'endort:
_ Siffle la brise...eh toi ! créole."

Dixains (1920), Jean-Paul Toulet dans "Poèmes de Paris",p.14, Parigramme 2009

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10 juin 2009

Rue Saint-Sulpice en poème

    "Haute et très froide et ses lugubres yeuxruestsulpice1
Blancs sous l'électricité fade elle est sans fond
Dans la soie et l'amour et la suie sans plafond:
Tu accables l'esprit tu exaltes le froid
Miséreuse parmi les ors des tristes dieux,
Les jambes de tes pas sont des tubes tout droits
Tes mains touchent géants des cauchemars très vieux
Les visages sont lourds pâles comme à l'amour
le noir est infini et tombe avec la pluie
Sur le sol bourbeux et noyé de remords,
Nul ne sait depuis quels ages il est mort."

  "La Vierge de Paris"(1944), Pierre Jean Jouve repris dans "Poèmes de Paris", Parigramme 2009

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12 mai 2009

Rayonnement de Paris sous l'Ancien Régime

 

salpetriere_intro_300 "Déjà, sous l'Ancien Régime, Paris écrase les autres villes du royaume par de  sa masse démographique comme de la somptuosité  de son spectacle monumental. Toute la symbolique des pouvoirs inscrite dans l'espace et dans la pierre par la soif  de construction monarchique et religieuse peut nourrir  les mythes et impressionner les esprits. La ville a une histoire  qui se confond avec la Geste des rois de France et les conquêtes du catholicisme. Phare d'un monde urbain restreint au sein d'une France majoritairement rurale, ce "vaste monde  de Paris" affirme encore son originalité comme lieu d'une intense circulation des hommes et des choses."

p42,"Histoire de Paris", Yvan Combeau, coll.Que sais-je ?, PUF, 6e édition (2009)

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31 mars 2009

Quand la gare crée la banlieue:Saint-Lazare

         

"Paris - Quinze promenades sociologiques", Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot, 2009 donne une approche de Paris mi-touristique mi sociologique qui souvent appréhende rationnellement ce que nous ressentons intuitivement. En usager quotidien de la gare Saint-Lazare, on apprécie ce passage p.89/90:

 

saint_lazare_station  "La disproportion entre Paris et ses faubourgs n'a pu prendre autant d'ampleur que dans la mesure où chaque jour près d'un million d'actifs viennent travailler à Paris en empruntant divers modes de transport, dont le train. En 2005, 1 650 000 personnes exercent un emploi dans la capitale, ce qui représente 31 % de l'emploi régional. Ces emplois ne sont pas réservés aux Parisiens.  Ceux-ci sont d'ailleurs 277 000 à aller travailler chaque jour en banlieue, tandis que 871 000 banlieusards viennent quotidiennement travailler à Paris. La capitale se vide chaque soir, se remplit chaque matin et les distances parcourues sont de plus en plus grandes. Certains quartiers du 8e arrondissement, du 9e, du nord du 16e, sont déserts après la fermeture des bureaux. Les différents réseaux de transports réalisent, dans la région Ile-de-France, un tel maillage que paris ne peut être pensé seul à l'intérieur de son boulevard périphérique. La ville est devenue le coeur d'une région dont elle ne représente plus que 19,4 % de la population, soit un Parisien pour 4 banlieusards.

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30 mars 2009

Déclin de la vie nocture à Saint-Germain-des-Prés

      

Eric Neuhoff évoquait littérairement ce déclin dans "Les Insoumis", on a ici une description sociologique dans "Paris - Quinze promenades sociologiques", Pinson, Payot, 2009 de ce phénomène p.47:

   

emporio_armani02_ci                                           "En revenant vers la rue de Rennes, on ne peut manquer l'Emporio Armani qui occupe à l'angle du boulevard Saint-Germain l'emplacement d'un drugstore et d'un cinéma. La boutique de prêt-à-porter du couturier milanais offre, depuis1998, un style délibérément jeune et show-biz  qu'incarnent les vendeurs et les vendeuses que l'on hésite à à désigner par des termes communs. Le drugstore, ouvert tard dans la nuit, assurait un va-et-vient incessant. La fermeture d'Armani à 20 heures contribue au déclin de la vie nocturnedu quartier qui est dû à l'abscence de bistrots et de restaurants bon marché."

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29 mars 2009

Cossery à Saint-Germain-des-Prés

albert_cossery   "Le Flore faisait partie du "Cossery Tour", la promenade régulière de cet écrivain d'origine égyptienne qui est mort en 2008, à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans dans la chambre de l'hôte Louisiane, rue de Seine, où il s'était installé depuis plusieurs décennies. Écrivain reconnu, original et radicalemnt étranger à toute forme de luxe ou de vie bourgeoise, c'est avec lui l'un des derniers pans du sain-Germain-des-Prés chanté par Gréco ou mouloudji, rêvé par des générations de lycéens provinciaux, qui disparaît, abandonnant le terrain aux touristes argentées, aux marchands de luxe et à une bourgeoisie sage et établie."

"Paris - Quinze promenades sociologiques", Pinçon, Payot,2009

Pour en savoir plus sur Cossery:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Cossery

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08 octobre 2008

A quoi tient le destin d'une ville ?

   

Leonard Pitt nous avait passionné en 2002 avec "Promenades dans le Paris disparu ", Parigramme; il nous propose "Paris-Un voyage dans le temps" tout aussi bien construit et évocateur:

                   

9782840964544_0_2008231370            "La place des Vosges n'aurait pas vu le jour si Henri II n'avait pas été mortellement blessé dans un tournoi devant l'hôtel des Tournelles en 1559. Éplorée, Catherine de Médicis donna l'ordre de raser le palais, ouvrant ainsi le champ à l'aménagement ultérieur de la place. Fuyant le Marais, le reine s'installa au Louvre; sans ce choix elle n'aurait jamais fait ériger le palais des Tuileries et la Grande Galerie au bord de l'eau n'aurait pas été bâtie pour relier les deux structures. En un mot, sans le tragique destin d'Henri II , le Louvre tel que nous le connaissons n'existerait pas."

p.8, "Paris-Un voyage dans le temps"

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