Vu de La Frette

Un Gallo-(catholique)romain du Val d'Oise, des citations pour nourrir le fil des jours

14 septembre 2009

La mort de Louis XIII par Corneille

LouisXIII"Sous ce marbre repose un monarque sans vice,
Dont la seule bonté déplut aux bons François,
Et qui pour tout péché ne fit qu'un mauvais choix
Dont il fut trop longtemps innocemment complice.

L'ambition, l'orgueil, l'audace, l'avarice,
Saisis de son pouvoir, nous donnèrent des lois ;
Et bien qu'il fût en soi le plus juste des rois,
Son règne fut pourtant celui de l'injustice.

Vainqueur de toutes parts, esclave dans sa cour,
Son tyran et le nôtre à peine perd le jour,
Que jusque dans la tombe il le force à le suivre.

Jamais de tels malheurs furent-ils entendus ?
Après trente-trois ans sur le trône perdus,
Commençant à régner, il a cessé de vivre."

p.1062, "Œuvres", Corneille, Tome I en Pléiade 1980

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13 septembre 2009

Situation du clergé sous Louis XIII

     "Au bas de l'échelle, l'ignorance des simples curés est effrayante.

Cardinal_Richelieu__28Champaigne_29Les prescriptions édictées par quelques évêques réformateurs sont édifiantes. Dans telle paroisse, l'archiprêtre,  débordé par l'afflux des pénitents au moment de Pâques, organise une confession commune  et les absout tous ensemble. Ailleurs, il faut rappeler l'interdiction de s'asseoir sur les autels et de danser dans les cimetières. Combien de prêtres tiennent des cabarets et des tripots pour compléter leurs revenus, portent les armes et s'habillent à la mode. Dans tel diocèse, on recommande aux clercs de ne pas prendre leurs enfants bâtards comme auxiliaires pour le service de la messe. En 1615, Madame de Gondi se confesse à son curé; elle s'aperçoit qu'il ignore la formule d'absolution. Un archidiacre de Bourges déclare qu'un grand nombre de prêtres ne connaissent pas un mot de latin, et cite le cas de ce curé qui ne savait pas combien il y avait de natures Jésus-Christ. Camus, évêque de Belley, dans un roman de publié en 1626, Pétronille, évoque " à quelles extrémités  sont réduits les pauvres curés...Les curés des champs (car ceux  de la ville sont mieux agencés, mais ils sont aussi dans les tracas par-dessus la tête) sont logés en des cabanes semblables  à la grotte de Bethléem, exposés en tout temps aux injures de l'air, couchés sur la paille et la terre, nourris comme les paysans, sans conversation, mal vêtus, mal payés, mal; assistés, misérables en leurs églises, en leurs ornements, en leurs demeures, en leurs meubles, en tout."

p.88/89, "Richelieu", Michel Carmona, Fayard 1983

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Du devoir d'état selon Louis XIII

     Souvent le scrupule de chair est présenté comme une marque de faiblesse de caractère chez Louis XIII, qu'on en juge:

" L'écuyer du Roi, Claude de saint-Simon, père du duc de Saint-Simon, mémorialiste de Louis XIV, ayant comme tout le 41GZQ0BGZCLmonde remarqué l'attirance de Louis XIII pour Marie de Hautefort et constatant que le Roi ne se décide pas à sauter le pas, se dit un jour qu'il est sans doute tout simplement embarrassé pour lui faire sa proposition. Il pense pouvoir lui rendre ce service et, saisissant l'occasion d'un tête-à-tête avec Louis XIII, lui fait part de son idée, en s'offrant à transmettre à Mademoiselle de Hautefort une déclaration d'amour du Roi. Louis XIII l'écoute attentivement puis lui dit: "Vous me parlez là en jeune homme qui ne pensez qu'au plaisir. Il est vrai que je suis amoureux; je n'ai pu m'en défendre, parce que je suis homme et sujets aux sens; il est vrai que je suis Roi et par là puis me flatter de réussir si je voulais; mais plus je suis roi et en état de me faire écouter , plus je dois penser que Dieu me le défend, qu'il ne m'a fait Roi que pour lui obéir, en donnant l'exemple, et le faire obéir par ceux qu'il m'a soumis. Plus je suis amoureux, plus je ne puis me surmonter assez pour ne pas rechercher à voir et à parler de celle qui m' blessé les yeux et le coeur, plus je dois faire d'efforts pour me surmonter moi-même; et si je me permets des amusements que les occasions de et l'humanité m'arrachent, plus je dois être en garde contre le crime et le scandale et demeurer le maître de moi-même. je veux bien vous faire cette leçon et vous pardonner votre imprudence; mais qu'il ne vous arrive jamais d'en faire une seconde de cette nature avec moi."

p.607, "Richelieu", Michel Carmona, Fayard, 1983

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23 août 2009

Puissance de la France en 1643

                                                                 "La France de 1643 est infiniment plus forte que celle de 1610, et bien plus encore que celle de 1624, quand Louis 41GZQ0BGZCLXIII avait résolu de faire appel au cardinal. Son assise territoriale s'est considérablement élargie. Le souverain, au-delà des frontières reconnues du royaume, contrôle l'Artois, la Lorraine, l'Alsace, la Savoie, le Roussillon, les ponts du Haut-Rhin, et dispose de solides points d'appui en Italie du Nord. Il a accepté de devenir comte de Barcelone c'est à dire chef de la province révoltée contre Madrid. Sa marine a pris l'avantage sur les flottes espagnoles, et domine désormais la Méditerranée occidentale. Sur l'Atlantique, elle fait jeu égal avec les flottes d'une Angleterre secouée par la Révolution, et ne le cède en puissance qu' à la marine des Provinces-Unies,, qui sont l'alliée la plus ancienne et la plus fidèle de la France. Au-delà des mers, des colonies se sont créées au canada et aux Antilles, des comptoirs sur la côte du Sénégal et à Madagascar. En moins de 20 ans, la France est devenue plus grande qu'elle ne l'avait jamais été."

p.698, "Richelieu", Michel Carmona, Fayard, 1983

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18 avril 2009

Sacrifice de Louis XIII

   

louis_13 "Le sacrifice de Louis XIII est l'un des plus curieux exemples d'une volonté qui, sous le masque du silence et de l'indifférence, se cherche, se découvre et, en pleine maîtrise d'elle-même, trouve sa plus haute expression dans l'étroitesse des limites qu'elles s'est fixées. L'Histoire doit beaucoup à Luynes, son premier confident, pour avoir aidé le souverain dans cette ascension secrète et rapide et, au cours d'une très brève carrière, l'avoir engagé dans une politique de redressement que le roi n'abandonna plus."

p.224, "Grandeur et misère de l'indidualisme français à travers l'histoire"(1957), Duc de Levis Mirepoix, Perrin, 1973

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06 octobre 2008

Héritage du règne de Louis XIII

     Récemment réédité dans la collection "Texto"(2007) chez Tallandier, "L'Histoire de France" de Jacques Bainville est un livre qu'on ne se lasse pas de consulter au fil de nos curiosités, qui pour l'heure se porte sur le règne de Louis XIII, un passage soupèse l'apport de cette période avec cet esprit de synthèse et d'élégance si propre à cet opus:

 

419W6K0JZAL                                    "Ce qu'ils avaient demandé à la France, pendant près de vingt ans, c'était un effort considérable de discipline, d'organisation, d'argent même. Richelieu, appuyé sur le roi, avait exercé une véritable dictature que le peuple français avait supportée impatiemment, mais sans laquelle l'œuvre nationale eût été impossible. Les grands n'étaient plus les seuls à se révolter.Plus d'une fois les paysans se soulevèrent à cause des impôts, les bourgeois parce que la rente n'était plus payée. La grandeur du résultat à atteindre, la France au Rhin, la conquête des"frontières naturelles", la fin du péril allemand, l'abaissement des Habsbourg, c'étaient des idées à exalter des politiques. Comment la masse eût-elle joyeusement à ses commodités pour des fins aussi lointaines et qui dépassaient la portée des esprits ? Plus tard, les Français ont eu un véritable culte pour la politique de Richelieu, devenue une tradition, un dogme national, respecté même par les révolutionnaires. De son vivant, les contemporains ne disaient pas tous les jours qu'aucun sacrifice n'était de trop pour abattre la maison d'Autriche. A la vérité, la mort du grand cardinal fut ressentie comme un soulagement."

p.222, "Histoire de France"(1924), Bainville, Défi (1997)

On peut télécharger le livre ici:
http://indiensetforets.orgfree.com/index.html
Sur Bainville, Jean Sévilla offre une excellent introduction:
http://www.jeansevillia.com/index.php?page=fiche_article&id=5

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26 septembre 2008

Henri IV en aversion pour l'Espagne

    Henri_IV_"S'il y a chez Henry un seul sentiment vrai, il s'agit bien de sa haine de l'Espagne. Celle-ci vient de loin; s'il garde quelques éléments de sa nature béarnaise, il possède alors au creux de lui cette méfiance anti-ibérique léguée par ces ancêtres, jointe au regret de la Navarre espagnole perdue. Mais ce sont les années durant lesquelles il lutte pied à pied contre la Ligne constamment renflouée par l'Espagne qui ont forgé définitivement cette aversion. En 1608 une lettre adressée à la marquise de Verneuil ne laisse aucun doute sur les sentiments du roi:

          Je trouvai ce matin, à la messe, des oraisons en espagnol entre les mains de notre fils; il m'a dit que vous les lui avez données. Je ne veux pas qu'il sache seulement qu'il y ait une Espagne; et vous vous en êtes si mal trouvée que vous devriez désirer que la mémoire en fût perdue...

    A travers le Journal d'Héroard, on peut relever maintes remarques enfantines du dauphin qui reproduisent la position paternelle. En février 1608, à propos d'un général des armées de Savoie:" Ha! que je suis bien aise qu'il est mort..."; également en mai 1607 dans une conversation avec le médecin:

   - Et vous épouserez l'infante ?
   - Je ne veux point.
   - Monsieur, elle vous fera roi d'Espagne.
   - Non, je ne veux point être Espagnol.

Mais déjà en février 1607, dans une scène avec son aumônier:

    Quand il fut à dire:"Tu ne tueras point", il dit:"Néi les Espagnols? Ho, ho !je tuerai les Espagnols qui sont les ennemis de papa; je les epucèterai (balaierai) bien. L'aumônier lui dit: "Monsieur, il ne faut pas tuer les Espagnols, ils sont chrétiens."..."J'irai donc tuer les Turcs..."

  Ce royal enfant n'a que six ans et demi à l'époque.

p.305-306, "Henri IV", Janine Garrisson, Seuil, 2008 (reprise de l'édition de 1984)

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31 août 2008

L'apogée de la "bonne mort": Louis XIII

     La récente biographie de Petitfils sur Louis XIII, Perrin, 2008 nous permet notamment de nous replonger dans cette recherche de la "bonne mort" si caractéristique du XVIIe  siècle. Une vie trouve sa fécondité à son terme, dans la mort.

"Depuis que je suis sur terre, je n'ai jamais vu mourir une personne plus chrétiennement."
Saint Vincent de Paul, qui a assisté à l'agonie du roi.

"il est impossible d'imaginer une plus grande force d'esprit dans une grande grande faiblesse de corps que celle qu'il a montrée. Jamais en cet état personne n'a vu plus clair que lui en ses affaires, ni n'a fait des établissements plus judicieux. Jamais personne n'a regardé la mort avec plus d'indifférence, ni ne s'est soumis avec une plus grande résignation à la volonté de Dieu".

Mazarin, écrivant au cardinal de Lyon

"Beaucoup se sauveraient comme personne privées, qui se damnent en effet comme personnes publiques."
Richelieu, Testament politique
De la page 835 à 845 dans la biographie.

la_penne_voeu_louis_xiii

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21 juillet 2008

Portrait de Louis XIII

"La vie quotidienne au temps de Louis XIII" de Madeleine Foisil, Hachette, 1992, offre un raccourci saisissant de Louis XIII:

                

450px_Statue_place_des_vosges                 "Homme de complexion fragile, éprouvé par un grave état de santé, il n'en a pas moins eu une résistance, une énergie physique qui le fait premier homme de cheval et le premier chasseur du royaume.
      Homme austère et prude, il a été cependant l'homme des divertissements de cour qu'exige la fonction royale.
      Homme mélancolique et sombre, il a connu, dès l'enfance, l'épreuve du coeur: le deuil, la séparation, la solitude.
      Homme violent, homme dur, il a puni impitoyablement la rébellion et le complot; il a été en même temps l'homme de la piété, de la vertu, de la dévotion.
      Homme difficile à vivre, homme de contradictions, il a été de ce siècle d'épreuves, de tensions tragiques et de la dureté de vivre; homme pieux, fervent, il a été du temps où éclate et se développe la Réforme catholique."p.9

      

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